688 réflexions sur “Fallait demander

  1. Il ne faudrait pas faire croire non plus que les femmes seraient les seules a subir une charge mentale. Chaque sexe subit sa charge mentale avec des rôles sociaux assignés qu’il faut assumer plus ou moins aisément.
    Les garçons « doivent » devenir des hommes musclés et résistants, physiquement et psychologiquement forts, qui ne pleurent pas, ne montrent pas leur peur, défendent leur famille au besoin par la force, et bandent a chaque fois que leur compagne en a envie. La principale charge mentale des femmes est a mon avis cette injonction omniprésente et intériorisée d’être belles et séduisantes et surtout sans kilos en trop. Ainsi chaque sexe subit ses injonctions sociales les hommes doivent être forts et les femmes doivent être belles et ceci est vrai depuis toujours et dans tous les pays. Peut on imaginer de se délivrer de ces modèles de genre ?
    Personnellement je ne le crois pas.

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    1. Rien compris Pascalou !
      charge mentale rien à voir avec « rôle » ou « injonction sociale »
      charge mentale = « pensez à » : rapporter du lait, envoyer une carte à papa pour son anniversaire, laver l’équipement de sport, payer la cantine, sortir la poubelle, rappeler tante Luce, passer au contrôle technique, ramener du papier toilette, (faire)remplacer la poignée de la grille, demander un devis pour couper la branche du thuya qui passe dans les fils électriques, faire les rappels de vaccins, prendre rendez-vous chez le garagiste, demander à la mamy voisine si elle ne manque de rien, cuire les saucisses avant qu’elles soient périmées, repasser la chemise pour l’audition, réinviter les copains samedi, remplacer la pantoufle de gym égarée, changer l’ampoule du frigo, prolonger l’abonnement de bus avant le 15, etc etc
      vous comprenez ?
      en réalité c’est unisexe, mais qui s’y colle dans votre ménage ? chez vos parents ? chez vos amis ?

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    2. Ça serait bien de lire ce qu’est la charge mentale, avant de commenter.
      Niveau stéréotypes auxquels on est censés se conformer je crois pas que les femmes en manquent par rapport aux hommes.
      C’est assez typique de passer complètement à côté du sujet pour pas avoir à se remettre en question…

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    3. salut, salut, perso j’ai pas trop l’impression que mon mec se sente une obligation d’être musclé… d’ailleurs une fois en couple les mecs ont tendance à s’empatter ; ) alors que les nanas sont en effet aussi chargées de rester des femmes minces, malgré les accouchement. Je crois qu’on demande aussi à la femme de mouiller quand son monsieur en a envie, d’où l’invention du lubrifiant… (même si chez nous on a pas ce genre de problème). Chacun gère son corps en revanche la maison et les enfants c’est un truc commune non ? La propreté, du linge, de la vaisselle, de la peau, du sol… c’est aussi une question de santé et la santé c’est important non ?

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    4. Tu parles d’un autre sujet … Pascalou! la seule manière pour que les hommes comprennent cette réalité est de remplacer leurs conjointe une seule semaine, à la maison … et après faire le bilan 😉

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      1. Corina Muresan, ça marche même pas. En une semaine, ledit monsieur va tranquillement faire quelques tâches en superficie. Il aura l’impression d’avoir géré à fond! Il se félicitera, et dire, « tu vois, c’est pas si difficile que ça ». Tu le laisses une année, je pense que tu peux rénover la maison.

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    5. Pascalou, je suis entièrement d’accord avec vous : les hommes sont également sujets à de nombreuses injonctions, aussi aliénantes que celles subies par les femmes.

      Mais ce n’est pas le sujet ici : ici, on parle de la charge mentale, de la gestion du ménage et des enfants. C’est supposé concerner les 2 partenaires de la même manière, or les chiffres nous montrent que ce n’est pas le cas. Bien sûr il y a des hommes qui en font autant ou plus que leur partenaire. Mais en moyenne, c’est la femme qui s’y colle plus que l’homme.

      Le combat féministe vise, à mon sens, à repérer les inégalités entre les sexes et à les combattre. Si la parole de la femme commence à se libérer (ce n’est pas pour ça qu’elle est entendue mais soit), il y a encore du boulot du côté des hommes.

      Mais ce n’est qu’en s’écoutant les uns les autres, en se remettant chacun en question qu’on pourra avancer.

      Si la cause des hommes vous est chère, pourquoi ne pas créer un site, un blog, une page Facebook qui y serait dédié ? Pourquoi « polluer » d’autres causes avec la vôtre, comme si elle était plus importante ? Pourquoi ne pas militer vous-même à la dénonciation de cette violence subtile mais bien réelle ? C’est dommage d’en parler ici, pour 2 principales raisons :
      1) Ce n’est pas le sujet. Si vous parlez de la cause des hommes et que je vous parle de l’écologie et de l’importance de sauver la planète, je pense que vous trouverez cela déplacé.
      2) Ca dévalue l’importance du combat à mener pour les hommes. En ramenant ce post à vous, vous ne pouvez que vous heurter à des réactions hostiles de personnes touchées par l’inégalité de la charge mentale, et cela dessert une véritable cause.

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    6. Ce n’est pas ça la charge mentale, ce sont des stéréotypes tu l’as dit, des injonctions. Les deux en ont oui. Après ceux des femmes sont bien plus associés à des oppressions -_- » et là dessus on rajoute la charge mentale…

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    7. Il semblerait que le regard des autres (et donc leur jugement) soit important pour vous. Le rôle donné par la société n’est pas une charge mentale, il est un stéréotype. Et vous avez le droit de le refuser. D’ où la demande de l’auteur d’éduquer nos enfants avec un autre regard.
      La gestion du quotidien (maison, enfant) se fait en dehors des regards.
      En résumé:
      – la charge mentale masculine = profession.
      – la charge mentale féminine= profession + mère au foyer (qui est déjà une profession à part entière) + docteur et infirmière de ses enfants + femme de ménage + psychologue (attentive aux émotions et besoins de chacun) .+ cuisto ……
      Nous avons le droit de refuser les rôles qui nous sont donnés. Je dirais même le devoir. Sinon comment s’épanouir et se respecter?

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    8. Ouin ouin nous les pauvres hommes , c trop dur de vivre depuis metoo et les sujets feministes, nous aussi on souffre , le male blanc cis hetero est pointé du doigt, ouin ouin
      ………………. franchement ca vous gene pas d’etre aussi ego centrique??? ptn mais on vous demande juste d’etre empathique et intelligent, c’est trop dur pour vous ?

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      1. Chère Lau, merci.
        Je suis un homme et je comprends cette charge mentale.
        Merci d’utiliser ce langage, je trouve que c’est bien plus efficace.
        Je découvre cette B.D. qui montre effectivement le problème.
        J’en ai conscience et je fais ce que je peux pour participer aux tâches du foyer (non je ne suis pas venu chercher des bravos pour quelque chose qui est juste normal) .
        En revanche, la seule chose que j’ignore c’est comment mon fils prendra tout ça pour à la finale ne pas reproduire le modèle que vous décriez à raison.
        C’est assez frustrant mais j’espère qu’il prendra en compte ce besoin de s’investir dans la vie à deux.
        Quoi qu’il en soit, je crois qu’il est fondamental que toute personne en couple discute sereinement et s’ouvre à l’autre mais bon on va y arriver à créer une harmonie qui ne se fasse pas au détriment de l’autre en fonction de son sexe ou de sa position au sein du couple…
        En tout cas, merci à l’autrice de cette BD et merci encore Lau pour ces mots « pêchus »!

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  2. Personnellement je pense que soit les choses se font d’elles même, soit elles ne se font pas, ou mal, ce qui est à peu près la même chose.
    En ce qui me concerne, ce que je n’ai pas envie de faire, je ne le fais pas, et personne, jamais, ne m’y obligera ! …. dans mon cas ca marche aussi pour le boulot. Personne ne fait le truc chiant ? C’est pas grave on passe à autre chose… Comme par magie deux jours tard on s’aperçoit que de toutes façons ça ne servait à rien… Vive la liberté ! C’est ça l’esentiel … Croire le contraire c’est se fabriquer ulcères, problèmes cardiaques etc…

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      1. Bravo Emma
        Je cherchais à expliquer la situation à mon homme depuis des années ( après des années de galères et De douleurs somatisées … liées à la difficulté à ne serait-ce que De prendre conscience de la réalité de la situation, a la quasi impossibilité d’y voir clair à travers cet écran de goudron qui s’est installé la insidieusement)
        Je l’aime mais le dialogue a ce niveau est un dialogue de sourd .
        La répartie qui me cloue le bec à chaque fois ( alors que tout les reste de mon corps hurle ou pleure, au choix) c’est celle la que tu as si bien «  capturée » : «  fallait demander ».
        Merci vraiment
        Je me sens moins seule, et Moins nulle en lisant ce sentiment malheureusement si bien partagé et heureusement si génialement et simplement décrypté.
        Bravo et merci

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    1. C’est bien une réponse de mec habitué à ne rien faire, qui confond sa femme avec sa mère et qui va s’étonner qu’elle ait plus envie de coucher avec lui.

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  3. Je suis absolument, totalement d’accord avec tout ce que je viens de lire. C’est la réalité. C’est un constat de chaque jour, chaque instant, dans de très nombreux foyers et réflexions que l’on peut entendre quotidiennement. J’apporte juste un aïe éclairage et un axe de réflexion à ce sujet. J’ai vu nombre d’hommes se casser les dents en essayant de faire, en prenant des initiatives et même une part de charge mentale dans leur foyer, mais se heurtant à des « mais non pas comme ça » ou des « mais pourquoi tu ne le fais pas mardi au lieu de demain », « fais attention tu as mal mis la couche », « mais pourquoi tu lui as donné la compote de pomme? Je t’avais dit YAOURT ». Alors je suis d’accord avec tout et je suis une femme, mais de grâce, LAISSEZ LE FAIRE A SA MANIERE et arrêtez de le casser à chaque fois que vous auriez fait différemment. Cas doit être sacrément chiant et à mon avis plus d’un a jeté l’éponge à cause du côté « louve dans son foyer » que certaines féministes (et pas toutes je modère mon propos) ont carrément occulté…

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    1. Merci pour cet avis qui a l’air éclairé. Je voudrais éviter de rentrer dans des généralités et des stéréotypes. J’imagine qui il a de tout. Donc je ne parlerais que de mon cas (qui n’est sûrement pas représentatif) qui se trouve à la limite du « tu ne m’a pas demandé », « du laisse moi faire », et du « non on ne fais pas comme ça ».
      Donc…
      Je sais que tout remonte à « l’education », à « la société ». L’homme et la femme sont encore traités très différemment. Par les gens, la société, les entreprises. Dans mon cas, me femme est infirmière et à un planning particulier qui fait que je dois « gérer » seul, les enfants 2/3 jours par semaine. (Je dis que « seul » 2/3 jours, ça veut dire « ensemble » mes autres jours, hein). Donc je peux me rendre « mieux » compte de la réalité d’un parent qui doit « tout gérer ». Et je peux dire que l’entreprise n’a pas du tout l’idée naturelle qu’un homme « s’occupe aussi des enfants » et donc doit partir tôt le soir, ne peux pas aller aux afterwork et autre trucs dit « pour se détendre » de l’entreprise etc. Traitement différents donc.
      On peut aussi parler de la différence illogique de salaire, qui implique plein de choses sui déséquilibre encore plus le couple. Monsieur travaille plus, contribue plus au budget du foyer mais moins à sa gestion. Madame ayant un peu plus de congé peu partir en vacances avec les enfants…
      Donc tout ça creuse l’écart
      Maintenant, avec la libération de la paroles des femmes, la mise en avant de leur tâches quotidiennes, qu’on minimise toujours, on essaye de « rattraper » le retard accumulé. Mais c’est très dur.
      Après 10j de congé pater on doit repartir au travail, cet enfant qu’on a eu a peine le temps d’apprendre à connaitre s’éloigne. Au boulot, tout le monde demande de rattraper le travail qui a été laissé en suspend. Notre tête n’est pas du tout au boulot, ou si elle l’est elle y est trop et donc on va « oublier » l’heure, madame, les courses…
      Le congé parentaile d’éducation, c’est pour madame. Vu qu’elle gagne moins (sic) on joue plutot sur son salaire, donc monsieur est encore plus au boulot qu’avec la famille. Et madame est la « seule » à gérer ce quotidien.
      « Biensur » je vais des lessives, repassages pliages, rangement, cuisine, courses (sans compter les courses entre 12h 14h)… Mais il y a toujours qqchose qui ne vas pas, entre les choses mal pliées (comment on fait ? Je te l’ai dejà dit 100c , faux), les trucs mal rangés (ça ça va pas là et ça non plus, ça, c’est à ta fille, ça a ton fils…), ou encore (touche pas à mes affaires sinon je retrouve rien, alors que faire de ce qui est a elle sur la table du salon au moment de manger).
      Bref, je pense, que du recul, de la bienveillance c’est un bon début. Echanger les roles (si possible) peux donner une idée mais pas comment vraiment s’organiser au quotidien
      Je vais arreter là car le reste va etre de la psychanalyse 😉

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      1. J’acquiesce et Fabienne et Olivier.

        Réfléchir pourquoi , s’expliquer, rester calme et bienveillant et tout ça des 2 côtés si l’on veut que le fléau de la balance reste stable sinon nous risquons de courir vers l’autre sens du mot fléau !
        et puis oui, on est différent mais n’apprend-on pas des différences ? il me semble que c’est une phrase à la mode non ?

        Une Mamie de 67 ans

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      2. Euh… vous êtes toujours en couple Olivier ? Non je blague!!! Vraiment, bravo pour ce commentaire dans lequel je me suis retrouvée…

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    2. C’est qu’à force de se coltiner les tâches ménagères, familiales, etc., on acquiert une certaine « expertise » ; tel aliment risque moins de nécessiter un passage d’aspiro, enchaîner les tâches dans tel ordre permet d’optimiser le temps ou l’énergie, s’y prendre comme ceci ou dire cela permet d’éviter plus efficacement la colère du jeune enfant fatigué… mon mari est le premier à se vexer (se sent rabaissé, ou dit qu’il n’est pas on valet) si je suis trop précise dans les directives, mais d’un autre côté, si je ne le suis pas, il va tomber dans les écueils, ça va l’énerver, énerver les mômes, et il sera réticent ou de mauvaise humeur en recommençant la tâche la fois suivante, échaudé par le mauvais moment passé…

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      1. Pas faux tout ça… D’un côté, le « fais pas comme ça » m’a bloqué sur certaines tâches, que je ne fais toujours pas (ranger les vêtements de ma femme, plier un t-shirt). De l’autre côté, pour ce qui est de par exemple faire manger les toutous ou nettoyer les litières des chats (on n’a pas de mômes mais des nanimos), je réagis pareil avec ma femme. Expertise oblige, et pareillement, c’est pas bon…

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  4. Salut Emma,
    Super bédé qui dénonce bien la charge mentale que vivent les femmes.
    Juste une petite question: où as-tu trouvé l’info que l’écart des répartitions H/F baisse à cause de l’emploi de travailleuses immigrées précaires ?

    Merci et pleins de bisous (si consenti).

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  5. Merci Emma! Au bout de 20 ans de « qu’est-ce que je peux faire pour toi? », je lui ai demandé qu’il ne me prendrait pas finalement un peu pour une idiote, tout bien pesé.Et j’ai rempli un immense tableau de tout ce qu’il y a à faire dans une maison. Pas loin de 150 trucs.qui vont de vider la caisse du chat à passer l’aspirateur et nettoyer les serviettes de bain, bref.
    Et ce matin, j’ai distribué les ordres du fond de mon canapé, puisque c’est ce qu’il faut faire appremment : « tu peux descendre le linge sale, ah et en remontant, tu peux prendre la lingette et nettoyer les marches; ah et quand tu auras fini, tu peux vider la caisse du chat, et aussi mettre à la poubelle les enveloppes déchirées que tu laisses dans l’entrée quand tu as lu le courrier, et tant qu’à faire après tu pourras vider la poubelle et passer un coup d’éponge sur la table, et du coup, un coup de balai sur le sol après? ». J’essaye des trucs, j’essaye d’être créative. C’est pas désagréable finalement!!! (bon là, il est parti se réfugier avec sa guitare/playstation en bas)

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    1. Réflexions d’homme …
      La charge mentale existe aussi chez l’homme … c’est l’entretien de la maison, de la voiture, etc. Et l’idée (probablement fallacieuse et sexiste …) que l’homme doit « faire carrière » pour faire bouillir la marmite. Certes c’est moins une charge de « tous les jours » (ceci dit, avec l’âge, je me rends compte que je fais à manger quasiment tous les jours, les courses, etc.).

      Une manière de faire « de femme » que j’ai constaté chez la copine de mon fils : « xxx, tu préfères faire la vaisselle ou passer l’aspirateur » … j’ai trouvé ça charmant, et assez efficace (bon, du coup, quand il « doit » faire à manger, il commande des pizzas :)).

      J’en reste là, car on pourrait passer plein de temps !

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      1. ce serait bien d’avoir un peu plus de détail sur le etc, pour qu’on puisse bien comprendre la différence de charge mentale organisationnelle, de gestion, de planning

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  6. Tristement réaliste et pouvant amener au burn out. Et pourquoi 6 mois de thérapie n’amènent pas à ces conclusions ? Le burn out n’est pas forcément professionnel et peut être dû à la charge mentale familiale, charge qui ne s’améliore pas lors de l’arrêt de travail, forcément…

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  7. Et que se passe-t-il si les femmes ne font pas tout ceci?

    Parmi toutes ces choses certaines sont plus importantes que d’autres. Moi par exemple j’essaie d’être à jour des vaccins des enfants. Aussi, comme j’aime bien bien manger, et que je trouve important que mes enfants mangent bien, je fais les courses et je passe beaucoup de temps à cuisiner. C’est beaucoup de travail mais si je ne le faisais pas, monsieur le ferait à ma place et ce serait beaucoup moins bon et moins bon pour la santé, or je tiens à mes légumes.

    En revanche, je reconnais que c’est souvent un peu désordonné chez moi, mais pas du tout sale, parce que monsieur n’aime pas la crasse. Il passe souvent l’aspirateur, trop souvent même à mon goût, ça fait du bruit. Après il lui arrive de ne pas réussir à bander parce qu’il est épuisé, je trouve qu’il se fout un peu du monde mais moi aussi il m’arrive de ne pas avoir envie: laissons tranquille la physiologie.

    Ce que je ne trouve pas très normal, c’est que les gens trouvent ça extraordinaire. Monsieur le premier râle que c’est « à lui de tout faire », nous ne sommes pas d’accord pour estimer la contribution de chacun au partage des tâches et c’est un sujet de disputes. C’est un équilibre, il y a moins de disputes quand j’en fais plus. Je pense que j’en fais bien plus de la moitié et que ce n’est pas très juste, mais je ne peux pas en vouloir à monsieur d’être moins sensible que moi à la qualité de la nourriture, poste de loin le plus chronophage. Et ça ne me dérange pas tant que ça de cuisiner, j’ai un boulot cool. En revanche, je regrette que ce soit un rapport de force, c’aurait pu se faire avec un peu plus de compréhension, et là les stéréotypes bien ancrés jouent sans doute un rôle.

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  8. Est ce que la charge mentale associée à la gestion d’un foyer provient uniquement de la gestion des tâches ménagères et des repas, ou est ce que les taches administratives (gestions des factures, des finances, des fournisseurs,etc) et autres tâches connexes (Entretien de la maison, entretien de la voiture, etc) peuvenr y contribuer egalement ? Si oui est ce que la répartition est généralement la même entre les conjoints que les exemples ci-dessus?
    Car on y fait rarement allusion dans ce genre de débat. Bien que ce soit moins visible et peut être moins lourd comme tâche, c’est tout aussi important pour la pérennité du foyer.

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    1. C’est bien de faire l’inventaire des tâches, qu’elles soient ménagères, administratives ou matérielles, mais ici on évoque la charge mentale qui n’a rien à voir avec les tâches dont chacun s’acquitte au mieux de ses aptitudes ou plus souvent de ses envies ou évite plutôt selon ses non-envies.
      La charge mentale est un autre sujet que celui évoqué ici.
      Et si on y revenait sérieusement ?

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      1. La charge mentale pour les tâches administratives, l’entretien et la réparation du domicile et des moyens de transport est bien réelle, ce n’est pas un loisir qui peut s’accommoder des « envies » de chacun : les factures non payés seront majorées par des pénalités, les déclarations administratives ont des délais strictes, un électroménager ou une clim/chauffage ou un véhicule qui n’est pas entretenu à temps cassera et engendrera des frais beaucoup plus importants. Pour tout ça il faut de la charge mentale, arrêtons la mauvaise foi 5 minutes.

        Ce n’est pas en niant la charge mentale du rôle masculin qu’on obtiendra un rééquilibrage de la charge mentale commune ; qui est très souvent en défaveur du rôle féminin, mais qui n’indique pas une absence totale de charge mentale de l’autre rôle.

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  9. Bonjour,
    Je ne comprends pas bien, il s’agit de la charge mentale ou bien de la détestation des femmes pour le fait de demander ? Pourquoi ces 2 concepts sont-ils mélangés ?

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    1. C’est bien là le problème Daniel, pourquoi est-il besoin de demander ? Tout simplement parce que beaucoup d’hommes ne savent pas ce qu’est la charge mentale. S’ils savaient, ils ne se poseraient pas la question et ils n’inciteraient pas les femmes à demander.
      Je ne suis pas critique par rapport à votre commentaire, je constate l’ignorance dont nous, les hommes, faisons souvent preuve dans cette histoire.
      Et c’est bien le but d’Emma de nous mettre devant cette réalité. Emma non plus ne critique pas, elle met en évidence.

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  10. @hermes39
    Oui je comprends… Je crois que les hommes ne sont pas « formés » de cette façon. Je ne suis plus tout jeune et je me rappelle que dans les années 70, 80 et 90, les femmes reprochaient aux hommes de ne pas communiquer, d’être murés dans une sorte de domination quasi-muette.
    On entendait souvent « tu ne crois pas que ça aurait été mieux en le disant ? », et c’étaient les femmes qui disaient aux hommes « pourquoi tu n’as pas demandé ? ».
    Depuis, je pense que beaucoup d’entre nous ont appris à communiquer, à « parler », à échanger, et voici qu’aujourd’hui on demande aux hommes de comprendre le désir de l’autre sans qu’il soit verbalisé, avouez que ça devient compliqué…

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    1. Cher monsieur, je vois bien que votre remarque est sans malveillance et que vous semblez mettre de la bonne foi dans votre raisonnement. Seulement, laissez-moi vous rappeler que maintenir le foyer, nourrir le clan, acheter des caleçons sans trou pour le monsieur, stresser pour l’éducation des enfants… n’est en RIEN un « désir » de la femme… À ce que je sache, ça profite à tout le foyer ! Et au détriment de la femme. Donc si vous considérez qu’il s’agit là d’un simple souci de communication relevant du souci de ne pas comprendre le « désir » de sa femme sans qu’elle doive l’exprimer, eh bien tout le problème vient de là ! La charge mentale, ce n’est pas quelque chose qui lui est attribué à juste titre et si vous en arrivez à ce stade, c’est que vous avez foiré dès le début… Mais ce n’est pas impossible à rectifier. Courage !

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      1. « c’est que vous avez foiré dès le début… »
        Je suis heureux de comprendre qu’il existe des gens qui savent tout et peuvent juger de tout le monde. Très heureux vraiment.

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    1. Un message caché ? Oh non, plutôt une invitation à venir voir les débats.
      Pas de mauvaise intention de sa part mais il est certain que nous, les hommes d’une manière générale, n’avons pas la même façon de voir les problèmes et que si nos compagnes nous y incitent, c’est qu’elles pensent que nous pouvons nous améliorer pour le bien du couple.
      Ca vaut peut-être la peine de s’y pencher.

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    2. Haha elle fait comme moi : elle a trouvé un moyen génial de t’exprimer ce qu’elle désespère d’arriver à partager avec toi . Et si elle l’a fait, c’est qu’elle tient à toi et à votre couple. Et qu’elle a besoin que ça change . Désespérément? Parce que sa santé est en jeu? …et peut être du coup tout le reste? … votre couple .?…

      J’aime ton commentaire 😉🙃
      .

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    3. Tiens, moi aussi 😉
      Mais ce n’était pas un message caché, au contraire plutôt  » regarde je ne suis pas la seule ».
      J’ai un souci dans cette discussion : j’ai 4 semaines de vacances par an, mon épouse en prend … 10 je crois , + tout ses mercredis et une autre demi-journée chaque semaine …
      Comment je peux intégrer ce paramètre dans une conversation pour arriver à un équilibre ?

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      1. Il faudrait probablement décider ensemble de l’importance des finances et de la situation professionnelle de chacun pour le commun : tout travail mérite salaire/reconnaissance, que ce soit à la maison ou au bureau.

        Si vos jours travaillés supplémentaires permettent au commun de mieux vivre et que cela est accepté par vous deux c’est ok, si au contraire vous souhaitez revoir cette répartition bureau-domestique il faudra trouver un accord avec votre épouse, et ensuite négocier cela avec votre employeur.

        Autrement si vous ne pouvez ou ne souhaitez pas travailler moins au bureau, vos jours supplémentaires travaillés au bureau doivent être mis en parallèle avec les heures de travail domestique de votre épouse, pour évaluer ensemble le déséquilibre et s’accorder sur un rééquilibrage, avec soit attribution de certaines tâches (avec la charge mentale que ça implique) soit attribution d’une quantité horaire par semaine à mettre au commun, en s’attribuant des charges et tâches en coordination avec votre épouse.

        L’utilisation d’un tableau blanc peut aider : on peut y décharger le plus important et ainsi permettre le travail collaboratif, chacun pouvant contribuer à charger et décharger ce « pot commun ».

        Exemple : il faut faire l’inscription à l’école pour le petit, « inscription école Minot » sur le tableau, comme ça l’un comme l’autre peut s’emparer de cette charge et s’en occuper dans la semaine (rassembler les papiers pour le dossier, trouver un créneau pour passer à l’administration pour la remise, etc). Il faudra bien évidemment prévenir l’autre que l’on s’en charge, gérer cet élément en autonomie, et informer de l’avancement au cours de sa réalisation.

        L’idée principale étant d’être proactif, car la passivité implique d’obliger la/le partenaire à passer derrière et à garder à l’esprit cet élément – même s’il est fait techniquement par l’autre, sa gestion reste à sa charge.

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  11. Ces dessins sont une triste réalité malheureusement. Je travaille sur moi depuis plusieurs moi pour aider ma femme sur ce point mais la société et l’éducation n’aide pas, les réflexes sont tenaces…Petiti à petit la balance se rééquilibre à la maison. En tout cas merci pour cet article et ces illustrations qui m’aideront. Un petit conseil pour mesdames, n’hésitez pas aussi à mettre la barre moins haute et prenez du temps pour vous.

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  12. C’est magique… avec vos dessins, tout s’explique ! MERCI !!
    J’aime bien aussi les commentaires..! Pour ma part, ce qu’il fait, il me reproche de ne pas y avoir pensé… le comble !
    Allez, je ne résiste pas d’en rajouter une couche : et la paperasse (CAF, sécu, impôts,etc…) , une belle charge mentale aussi, non ?!

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  13. Attention, ce que je vais dire ne va pas faire plaisir aux femmes !
    On nous dit qu’au travail, les femmes postulent quand elles ont 130% des compétences, alors que les hommes le font à 70 %.
    Et si à la maison, les femmes faisaient aussi 130% de travaux ménagers. Et si elles abandonnaient un perfectionnisme qui laissent peu de place aux hommes. Et si elles aussi, allaient s’assoir sur le canapé. Les hommes iraient probablement donner à manger aux enfants.
    Les combats des femmes pour leur reconnaissance sont tout à fait valables et font avancer les mentalités mais attention à ne pas rester des victimes sous des airs de revendicatrices.
    Voilà, j’avais prévenu 😉

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    1. Hhhm.. Nan. J’ai essayé. Ca n’a pas marché. Pendant ma grossesse, comme je n’avais plus d’énergie pour tenir la baraque, j’ai lâché l’affaire. L’enfant a seize mois, je n’ai plus le temps de faire le ménage, et on vit dans une porcherie. Heureusement, j’ai dépassé mon seuil de tolérance depuis tellement longtemps que je n’ai même plus l’envie de m’y remettre, donc plus de frustration non plus. Peut-être qu’avec le temps et l’autonomie grandissante du Petit, j’y arriverai à nouveau. Peut-être. On verra.

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  14. Belle BD qui démontre bien des choses.

    Mais ultimement, après 3 thérapie de couple, la chose qui a ressorti le plus souvent et qui n’a jamais été prit en compte par mon ancienne conjointe.

    C’est que vos attentes ne sont pas nécessairement les notres. Les femmes créent seul leur propre charge mentale.

    A vous lire, un homme seul, ou seul avec ces enfants est en danger de mort…. Cette bd vous renforci l’idée en plus !!!!!

    Moi, je préfère avoir du temps de qualité avec mes enfants que de toujours ramasser.
    Je n’anticipe pas les achats de linge, si un matin, les pantalons ne font plus, c’est a ce moment la que je vais aller l’acheter.

    Ma femme n’a pas a penser a mes chemises….

    Seul a la maison 7 jours sur 14, on a jamais manqué de moutarde…. Et si on en manque, on va en acheter et on en fait pas une scène !!!!!!!

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  15. Je n’ai que 22 ans, mais je stresse à l’idée de reproduire ce schéma donc je fais hyper attention aux hommes que je côtoie et que je choisi pour partager ma vie …

    Mais même s’ils restent gentils et en rigolent, ils ne comprennent généralement pas et pensent que c’était « l’ancien temps » …

    Tellement peur de trouver un homme qui me plaît et qui a 22 ans et plus sera parfait et qui dès qu’on a un enfant, reproduit ce schéma 😫

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  16. Et bien moi j’ai trouvé la solution il y a 20 ans : puisque personne dans le couple n’était passionné par le ménage, la lessive, les courses, la préparation de repas, la toilette et la bouillie des enfants, on a embauché quelqu’un pour le faire. Résultat nous avons passé du temps de qualité avec les enfants, et obtenu des promotions professionnelles qui ont permis de couvrir largement les frais…

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  17. bonjour, merci pour ce bd, c’est qqchose j’ai pensé depuis longtemps sans une mode d’exprimer-il y a clairement une fatigue je ne pouvais pas bien décrire mais extrêmement fatiguant comme meme haha. j’aimerais bien partager ce bd avec mon partenaire qui ne parle pas francais-est ce vous savez une version anglais? J’ai vu que qqn a deja traduit en coreen (par Korean institute for gender equality promotion and eduation! wow!) mais si vous savez une version anglais… jaimerais bien ENSEIGNER mon partenaire hha

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  18. Merci pour cette BD. C’est vrai que c’est pas facile à faire comprendre à notre conjoint ce qu’est la « charge mentale ». Surtout que le modèle de nos parents n’est pas idéal. Ma mère, que j’adore, trouve normal de TOUT faire pour que mon père et tous les autres soient bien. Je me suis toujours jurée de ne jamais le faire, mais ça doit être dans mon ADN.

    Mon mari FAIT beaucoup à la maison, mais ne PENSE pas tellement. Exemple les courses: il demande: « de quoi on a besoin ? » Parfois, je lui répond regarde et ouvre les placards et le frigo, on vit dans la même maison. D’autre fois je lui dit, car j’ai déjà en-tête. 🙂 En plus, il a peur de pas bien faire, car je lui dit parfois (souvent), quand il rentre, je lui dit « t’as pas pris ça » ?

    Je me reconnais dans le perfectionnisme et de DEVOIR le laisser faire à SA manière, sans toujours être derrière lui pour lui dire comment faire, ou refaire derrière lui. (Trier la lessive, je contrôle que c’est correct, plier le linge – je n’aime pas SA façon de faire, donc je replie mes habits derrière) Etc.
    Dans la cuisine, je joue souvent à chercher et trouve car il ne range pas de la même manière que moi – hahaha ! Parfois ça m’agace et d’autre fois ça me fait rire.

    Vu qu’il est anglophone, tout ce qui est administratif c’est pour moi et aussi les devoirs des enfants.

    Pas facile de communiquer sur ce sujet, sans le blesser ou se disputer. Il faudrait que moi j’arrête de TROP prendre sur moi et j’aimerais qu’il fasse plus de choses de son propre gré – changer les ampoules ou aller en acheter quand il n’y a pas ce qu’il faut. Prendre rendez-vous pour l’entretien de la voiture, etc. La il est responsable du règlement des factures.

    Pas évident de trouver l’équilibre et je pense que nous les femmes, on a notre part de responsabilité à vouloir que tout soit fait comme on aimerait.

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  19. @hermes39
    « …beaucoup d’hommes ne savent pas ce qu’est la charge mentale… »
    J’ai entendu récemment un débat sur France Inter où se trouvaient un sociologue et 2 autrices féministes. A la demande de l’animateur de l’émission, le sociologue a commencé par poser une définition de la charge mentale : (je synthétise) « la charge mentale résulte du stress occasionné par le fait de devoir gérer un grand nombre de choses à la fois », définition avec laquelle les 2 autrices étaient parfaitement d’accord.
    C’est bien ce qui est décrit dans la BD, la jeune femme part pour faire une chose, en attaque une autre en route puis une autre…
    Mon épouse m’a dit « toi, tu ne risques pas la charge mentale ».
    En effet, je n’accumule jamais les « en-même temps ».
    Si je me mets en route pour effectuer une action (par exemple monter à l’étage pour y chercher quelque chose dont j’ai besoin au rez de chaussée) et que mon épouse me demande n’importe quoi (sortir la poubelle, lui couper un bout de bois, repeindre une fenêtre, que sais-je, n’importe quoi que j’effectuerai avec plaisir et dans la bonne humeur), je lui réponds invariablement « je termine ce que j’étais en train de faire et je fais ce que tu me demandes juste après ».

    Zéro charge mentale donc. Et je peux vous dire que mes journées sont bien remplies !
    Il est donc possible d’éliminer la charge mentale en s’organisant différemment, d’ailleurs, entamer 36 choses en même temps n’est pas de l’organisation ! Il est donc possible d’éliminer la charge mentale en s’organisant tout simplement.

    Et je suis désolé, cela n’a rien à voir avec le fait de « devoir » demander. Quand j’ai effectué une action avec difficulté, mon épouse me dit toujours « pourquoi tu n’as pas demandé ? »… La charge mentale et le fait de « devoir » demander ou de « devoir demander » sont 2 sujets différents.

    « …et ils n’inciteraient pas les femmes à demander. » là, j’avoue ne pas comprendre: la parole, et donc les questions, font partie du langage et donc de la communication absolument nécessaire dans un couple (ou au travail puisqu’on parle beaucoup aujourd’hui de charge mentale au travail). Imaginer une sorte de devancement des besoins de l’autre (dans les 2 sens) me semble appartenir au romantisme amoureux ou à la pensée magique plus qu’à une saine communication faite de bons échanges…

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    1. Bonjour Daniel,

      Je crois que vous passez à côté d’un point essentiel : devant la quantité de tâches nécessaires pour gérer une maison, on ne peut pas simplement prendre les choses l’une après l’autre au petit bonheur la chance, il faut une vue d’ensemble pour fixer des priorités, faire la part des choses entre ce qui est important, ce qui est urgent, et ce qui est moins important ou urgent mais nécessaire à ce qu’une autre tâche puisse être accomplie… Si vous pouvez vous permettre de faire les choses l’une après l’autre sans avoir à ordonner tout le reste dans votre tête et sans penser aux autres tâches, un peu comme en pilote automatique, ce n’est effectivement pas vous qui gérez la charge mentale dans votre couple, mais ça ne veut pas dire qu’elle n’existe pas.

      Pour ce qui est de la question de « demander » : vous parlez de devancement des besoins de l’autre, hors il ne s’agit pas de « devancer les besoins de l’autre » (d’ailleurs, ce ne sont pas « ses » besoins, ce sont les besoins du foyer, donc aussi les vôtres), mais de « prendre sa part de responsabilité ». Rien à voir avec une quelconque forme de romantisme suranné et fantasmé, il s’agit juste de ne pas se comporter comme un adolescent et de se rendre compte qu’on a les même capacités de raisonnement que son épouse et que donc, si elle le peut, on devrait aussi pouvoir fournir les mêmes efforts sans recevoir des solicitations qu’elle-même n’a pas besoin de recevoir pour se mettre au travail. S’il fallait « demander » à la personne en charge de l’organisation des tâches domestiques de s’en occuper, on n’avancerait pas ! Entretenir un foyer nécessite qu’il y ait de l’anticipation quelque part, et c’est précisément grâce à la capacité qu’à un adulte de prendre des initiatives que le foyer peut être entretenu, on ne pourrait pas avancer si l’étape « demande » était nécessaire.

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  20. Merci pour cette BD que je rejoins tout à fait.
    Mon retour d’expérience : personnellement je vis en colocation depuis douze ans, et j’ai habité avec une dizaine de personnes différentes, en majorité des hommes (j’en suis un moi même).
    Et bien, les problèmes sont exactement les mêmes. Donc, est-ce réellement une opposition homme VS femme ? Je ne crois pas. Je pense que c’est plutôt une différence d’attente (notamment concernant la propreté, où la tolérance varie), d’attention aux autres, et au final de priorisation (j’ai + envie de faire X activité qui me fera du bien plutôt que de prendre soin de l’appart). Peu lié au genre finalement, même si sociétalement c’est le cas, l’historique amène un biais.

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    1. @Antoine,

      Il s’agit précisément, ici, de décrire la charge mentale à l’arrivée d’un enfant dans un couple de jeunes parents. Lorsque ce sont des parents hétérosexuels, chacun porte le poids de la construction sociale de son propre genre. Toutes les « différences d’attentes » qu’on peut imaginer quand deux personnes ou plus vivent sous le même toit son exacerbées par les attentes sociales et les mécanismes d’interaction acquis par chaque genre, auxquelles se rajoutent les mécanismes – toujours acquis – de gestion de l’arrivée d’un ou plusieurs enfants.

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      1. (2/2)

        Là où le bât blesse, est que cette éducation au travail domestique est en très grande majorité porté par les parents ; loin devant les jouets, les films, les séries, qui sont bien évidemment bien plus facile à accuser de corrompre notre belle jeunesse, mais c’est trop facile de rejeter la faute sur les produits culturels.

        Quand un parent, qui vit tous les jours avec l’enfant, le nourrit, le divertit, l’éduque, le protège, dit à cet enfant « s’il te plaît, range tes affaires qui sont dans le salon, cela me ferait plaisir que tu participe », cela a énormément plus d’influence qu’un personnage fictif brièvement aperçu sur un écran qui mimerait un schéma traditionaliste pendant 5 secondes.

        Et schéma traditionel oblige, la transmission et l’éducation est de fait réalisée en majeure partie par le rôle féminin des couples : ce sont les mères qui vont nettoyer et ranger derrière les garçons, et obliger les filles à nettoyer et ranger elles-mêmes – ce sont les mères qui vont mettre la passivité des garçons sur le compte d’une affirmation de la masculinité (‘boys will be boys’), tandis que les filles vont voir leur fémininité remise en cause si elles n’obéissent pas aux exigences parentales de propreté et rangement. Les pères ne seront souvent là (dans l’éducation et la définition des rôles) que après coup, pour acquieser et valider le schéma traditionnel déjà mis en place.

        Malheureusement, cette partie de l’analyse est très souvent occultée car elle vient remettre en cause l’idée d’un schéma traditionaliste exclusivement portée par les individus de genre masculin, or il est difficile de fédérer et convaincre un public en le poussant à reconnaître une participation active au système oppressif qu’il subit. L’enfer, c’est toujours les autres.

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    2. Je dirais que c’est lié au genre, mais pas que : en coloc les plus « tolérants » du bazar et de la saleté (genre le frigo avec de la nourriture périmée, les fringues sales sur le sol de la salle de bain qui ont pris l’eau et sentent le moisi, les rongeurs dans les placards, etc) c’est majoritairement des mecs, mais il y aussi des nanas qui sont tout aussi crades et désordonnées.

      Le facteur le + déterminant est à mon avis le contexte familliale domestique de ces personnes lors de leur enfance : ceux qui ont eu des parents qui leur faisaient tout, ou des serviteurs (« employés de maison »), vont être incroyablement passifs et globalement plus « tolérants » de la détérioration du cadre de vie domestique.

      Au contraire, ceux qui ont été responsabilisés très tôt à ranger leurs jouets, à nettoyer la table, à participer au commun, vont en général moins tolérer le relâchement du cadre de vie lorsqu’ils seront adultes.

      (1/2)

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    3. Bonjour !

      J’ai aussi vécu en collocation et plutôt loin des stéréotypes de genre, je pense donc pouvoir amener quelques constats supplémentaires : quand le foyer est composé de plusieurs adultes appartenant en majorité à un genre, il semble prévisible qu’une autre dynamique se mette en place car celle de l’homme qui se repose sur la femme ne peut plus être stable si la présence des genres n’est pas à peu près équilibrée. Certains vont donc davantage prendre les choses en main que s’ils avaient une personne préalablement désignée sur qui se reposer. Je sais aussi par expérience que quand on est en colocation, il est parfois plus aisé de se soustraire à ses responsabilités, car personne ne saura à qui est ce paquet de chips qui traine sur la canapé depuis 2 jours ‘:) alors que dans un couple, on sait toujours qui sera le coupable… Cet anonymat laisse moins de place au sentiment de devoir se conformer aux stéréotypes d’un rôle ou l’autre, et laisse donc davantage la place à des vices ou a des qualités plus individuelles. Et comme on ne se sent pas forcément responsable de l’autre, on ne fera pas non plus facilement à sa place ce que lui-même ne fait pas. Le contrat n’est pas le même que dans un couple : il est par exemple plus délicat de laisser un colocataire s’occuper de la lessive des autres. Ca peut arriver, il existe toute sorte de manière de s’organiser en colocations, mais il est en tout cas plus délicat de se reposer sur un colocataire que sur son conjoint, et inversément, on fait plus volontiers des choses pour son conjoint que pour son colocataire. Il faut aussi noter que dans une colocation, les styles de vie diffèrent souvent plus qu’au sein d’un couple, ce qui ajoute encore des paramètres qui vont modifier la disponibilité et la bonne volonté de chacun.

      Maintenant, ce n’est certes pas biologique, mais inconsciemment, les attentes envers un enfant ne sont pas les mêmes selon qu’il soit fille ou garçon, ce qui fait qu’on ne reçoit pas exactement la même éducation. Ainsi les attentes et l’attention aux autres restent suffisamment liées au genre (ou à l’éducation genrée, si on veut être exact), pour que de nombreuses études de terrain mettent en avant des tendances qu’on ne peut pas ignorer quand à la répartition des comportements.

      En plus du vécu familial, les modèles qu’on nous montre n’aident pas non plus, on sous-estime beaucoup à quel point on a tendance à imiter ce qu’on connaît. Ainsi, les hommes ont davantage tendance à se reposer sur leur épouse, et celles-ci à les infantiliser en retour, ce qui crée un cercle vicieux. Mais en effet, les questions de genre ne sont pas le seul facteur, ainsi on peut aussi trouver des personnes qui prendront plus d’initiatives que d’autres personnes du même sexe, et celles-ci se reposeront sur les premières. Il peut aussi arriver que des femmes se reposent sur des hommes.

      Mais ce que montrent les chiffres sur la tendance des hommes à davantage se laisser guider dans la gestion du ménage et des femmes à prendre la charge mentale, c’est que ce n’est pas juste le hasard qui va créer cette répartition. Ce n’est pas non plus l’envie de mal faire, mais simplement qu’on a tellement vu ça toute notre vie que ce modèle se met presque automatiquement en place si personne n’y fait attention.

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  21. Merci pour cette BD, elle est criante de vérité.
    Je la partage à toutes les personnes que je connais pour leur ouvrir les yeux sur le rôle inconfortable dans lequel l’éducation genrée a mis les femmes.
    Cette histoire est claire et sans équivoque, ceux qui ne la comprendront pas sont simplement dans un déni au sein de leur propre foyer.
    Don’t look up.
    Mais ne perdez pas espoir les filles, nous avons un potentiel insoupçonné, ne le gâchons pas entre 2 lessives !

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  22. Merci à toi pour tes BD qui résonnent si juste en moi et qui correspondent exactement à ce que j’ai vécu dans ma dernière relation. Je me sens moins seule et surtout, je n’ai plus l’impression « d’en faire trop » comme dirait mon ex. Il y a un vrai problème d’équité dans les relations hommes-femmes et il faut que les hommes prennent leur part de responsabilité.

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    1. Prise de responsabilité aussi au niveau des femmes. Quand je vois le nombre de mes copines qui claironnent aimer les machos, les « vrais » mecs, qui froncent du nez quand on leur parle de féminisme, mais qui se plaignent une fois en couple…
      Mesdames, vous souhaitez une meilleure répartition de la charge mentale ? Mettez vous à la colle avec un mec un minimum adulte et responsable.
      Alors oui ça restreint le choix, mais ça existe, je vous assure.
      J’ai vu trop de femmes souffrir pendant des années, à pleurnicher « oui mais je l’aimeuuuuh » à propos d’un ahuri en survêt trop occuper à roter sa kro devant du foot ou de la F1 pour se rendre compte qu’il accorde plus d’importance à sa clio GTI qu’à la mère de ses enfants.

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