Médias et TDAH, LA FATIGUE

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23 réflexions sur “Médias et TDAH, LA FATIGUE

  1. Un truc extrêmement appréciable que j’avais vu lors d’une présentation (obligatoire) du service psy de mon école d’ingénieur, une explication clair de la distinction psychologue, psychiatre (deux professions réglementées), psychanalyste et psychothérapeute (activités non-reglémenté).

    (NB: Le Physchologue n’est pas médecin, et a le privilège des tests psychologiques pour comprendre le fonctionnement des patients (le QI est juste la partie émergée), le Psychiatre est médecin, il ne peut pas faire les tests au dessus, mais est seul habilité à prescrire des médicaments, et à poser certains diagnostics (TSA, TDAH, par exemple))

    Une idée de complément ?

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    1. Merci Emma pour cet articles très instructif, et sa présentation qui le rend agréable à lire.
      Par contre la fin laisse un peu sur sa faim, car vous nous dites bien de nous méfier des psychanalystes, mais ne nous dites pas vers qui nous diriger.
      Mais peut-être avez-vous déjà un article complet sur ce sujet ?

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      1. Bonjour !
        Difficile de savoir à qui on a affaire au premier abord, le mieux est donc de se rapprocher de l’association TDAH France qui vous donnera des références 🙂

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  2. Votre texte est du bonheur!
    A la décharge des journaux: Chaque fois qu’une nouvelle pathologie est identifiée, de nombreux parents se disent: « et si c’était la raison pour laquelle mon gosse est ingérable ». Parfois c’est le cas, parfois non.
    Dans le cas de TDAH, comme pour d’autres pathologies « à la mode », la précision du diagnostique permet de filtrer les enfants atteint de TDAH et ceux juste mal gérés. Je pense que la plupart des parents préfèrent apprendre d’un psychiatre (non analyste) ou d’un psychologue (idem) que leur enfant est juste un peu agité et qu’il existe des méthodes simples pour l’aider plutôt que d’apprendre que leur enfant va devoir prendre un traitement à vie. Mais si justement l’enfant est atteint de TDAH, le parent comme l’enfant vont être ravis de savoir qu’il existe un traitement qui permet d’avoir une vie correcte, même si pour cela il faut prendre une pilule tous les jours. Pensez aux enfants diabétiques insulino-dépendants enfin diagnostiqués.
    Pour ce qui est du mot « drogue », je ne suis pas d’accord avec votre explication. Je pense que la confusion vient plutôt du fait que en langue française médicale, tout médicament est une drogue: l’aspirine, la morphine, un antibiotique, etc. Probablement un dérivé de la langue anglaise (« drug »).
    Pour les psychiatres tendance psychanalystes… :D. En tant que patient j’en ai rencontré des pas trop mauvais qui avaient su prendre de la distance avec leur discipline et tentaient d’aider du mieux possible leur patients. Et puis j’en ai croisés beaucoup d’autres… Freud considérait la psychanalyse comme une science expérimentale qui ne devait pas devenir un dogme mais devait évoluer. Ses disciples ne l’ont pas écouté.
    Pour leur succès auprès des journalistes, je pense que cela vient de leur langage abscons, presque religieux ou philosophique. Un psychiatre que j’ai connu disait que la psychanalyse marche bien sur les gens en bonne santé. Pour être moins cynique, je dirais que la psychanalyse tente de répondre à la question « pourquoi ai-je mal » mais qu’elle se désintéresse de la question: « que puis-je faire pour aller mieux ».
    Le vrai problème en France c’est que vu le peu de psychiatre non analystes en France (à un tarif abordable), on est souvent obligé de passer par eux, faute de mieux.

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    1. Edit par moi même.
      Une bonne partie des psychanalystes utilisent la thérapie par la parole.
      Cette thérapie a quand même un grand intérêt dans certaines pathologies.
      La thérapie par la parole propose au patient de dire ce qui ne va pas, tout ce qui ne va pas. Le thérapeute est neutre et bienveillant. Le thérapeute va éventuellement aider à reformuler (« que voulez vous dire par… ») mais ne portera jamais aucun jugement.
      Cette partie là de la thérapie est, à mon avis, très utile. Dans la vie de tous les jours nous sommes liés par des contraintes, des conventions sociales qui font que nous ne pouvons pas tout dire. Même à votre meilleur ami(e), vous ne pourrez pas raconter vos pulsions les plus intimes de peur d’être jugé, de peur de perdre son amitié.
      La thérapie par la parole permet de formuler son ressenti brut. Dire à un thérapeute « j’ai envie de me suicider » « je suis malheureux » « je crois que je suis une mauvaise mère », « je me sens attiré par les gens du même sexe que moi et je suis mal à l’aise avec cela » « j’en veux énormément à mes parents » sans être jugé, ça permet de se décharger d’un énorme poids. Parfois il faut beaucoup d’échange de ce pour accepter de formuler ce que nous pensons au fond de nous et que les injonctions sociales nous interdisent de penser, d’exprimer.
      Parfois cela suffit pour aller mieux.
      Malheureusement, des fois, on est trop « cassé » pour que cela suffise. C’est à mon avis là où la thérapie par la parole atteint ses limites. Et c’est là où l’analyse devient inefficace.

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      1. J’aurais dû préciser dans cette bédé qu’il n’y a pas que les psychanalystes qui proposent une écoute. La plupart des thérapies reposent sur un échange avec le patient. Mais ce qui est spécifique à la psychanalyse, c’est l’application sur les patients de schémas théoriques non testés de façon empirique : névrose, pulsion, jouissance, refoulement, transfert etc.
        On sait que parler fait du bien, d’autant plus si le thérapeute est non jugeant et bienveillant. De toutes les informations que j’ai recoltées, je ressors que la réussite d’une thérapie dépend au moins autant de la qualité du thérapeute et de la relation que de la méthode appliquée.
        Il n’empêche qu’affirmer comme des faits (oedipe, castration) des théories qui relèvent de la croyance est quand même très discutable. Et ça devient carrément dangereux si c’est effectué dans le cadre d’un trouble d’origine génétique pour lequel le consensus scientifique a conclu à d’autres solutions à l’efficacité prouvée. Ou quand c’est utilisé dans un tribunal pour décider du sort de familles neuroatypiques.

        Pour résumer 🙂 :
        – psychologue : profession réglementée niveau master
        – psychiatre : profession réglementée, titre de médecin (peut prescrire)
        – psychanalyste : profession non réglementée, il suffit d’avoir soi-même suivi une psychanalyse

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      2. @ Emma
        Ah…
        – psychologue : profession réglementée niveau master
        – psychiatre : profession réglementée, titre de médecin (peut prescrire)
        – psychanalyste : profession non réglementée.
        Mais il y a beaucoup de psychiatres français psychanalystes. Une majorité même. Donc il faut faire avec.
        Beaucoup de psychologues psychanalystes aussi… Alors tu fais avec ce que tu trouves en secteur 1. Et il y a malheureusement des professionnels non analystes qui sont très sots ou qui n’ont pas leurs connaissances à jour.
        Dans mon cas, j’utilise le psy suivant mes besoins, j’écoute d’une oreille et je ferme l’autre quand il me parle le freudien. Pas le choix.
        Bien d’accord pour le reste, ils n’ont pas leur place dans des instances sérieuses. Mais c’est pas moi qui choisi…
        Il faudrait aussi que la formation de psychiatre intègre une forte part de neurologie. Les neuro-psychiatres ont d’ailleurs existé par le passé.

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  3. « Comme tout tout traitement qui a un effet « primaire », il peut avoir des effets secondaires ». Tiens ça me rappelle quelque chose.

    Je dois me faire des idées.

    « Il faut savoir qu’on est un des derniers pays […] à croire en […] malgré l’absence de preuves. Ça a été abandonné partout ailleurs. Pourtant ses partisans restent extrêmement médiatisés et défendent leur paroisse sur toutes les ondes […] Et ça entraîne des retards de diagnostic ». C’est marrant ça aussi ça me fait penser à une autre spécificité française. 🙂

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  4. milles merci pour cette BD à mettre entre toutes les mains des profs qui n’arrêtent pas de dire aux enfants TDAH mais enfin concentres toi un peu!!
    Allez vous continuer vos BD et ouvrir aux handicap invisibles, neuro-atypiques, comme le TSA qui mériterait bien une BD aussi?
    Un Doc à suivre sur les réseaux, Olivier Revol, medecin et TDAH… qui sensibilise bcp et essaye de casser les préjugés.
    Encore merci….!!
    Une maman (déjà) fatiguée de la rentrée… avec 2 supers loulous neuro-atypique

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  5. Emma, tu es un AS….
    Outrée, violentée, abattue par cette non reconnaissance de ce trouble qui touche enfants, adultes, et tous les autres…
    Et quand on entend que le diagnostic et le traitement sont distribués à tour de bras!!!
    Ma Super Zèbre a fait plus d’un an de tests avant que le diagnostic ne soit posé et encore 4 ans de remédiation cognitive avant qu’on ait recours à une aide médicamenteuse…
    Mais les raccourcis sont plus vendeurs et demandent moins de réflexions..
    Je te remercie donc du fond du cœur pour cette réconciliation avec le réalité.
    Continue et à très bientôt
    Anne (TDAH aussi et qui gère !!)

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  6. Merci, merci, merci !!!!

    Ce petit texte sur les cons mal élevés, ça fait un mal de fou à chaque rentrée. Chaque rentrée qui équivaut à une roulette russe (enseignant à l’écoute ou pas) pour savoir si oui ou non l’année se passera bien.

    Merci à tous les enseignants qui nous écoutent, qui savent amener les petites adaptations et ont la bienveillance qui change la vie de notre fils (et la notre aussi par la même occasion). Merci à tous ceux qui informent encore et toujours.

    Et j’invite ceux qui pensent que c’est un problème éducatif à venir observer nos trois garçons. Ils vont rapidement voir qu’un seul des trois est un peu différent.

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  7. Merci pour ces « pastilles » Emma (dont je veux bien être dépendantes et l’assumer pour le coup). La forme décalée et légère sert tellement bien ce fond plus navrant de la bêtise, de la méconnaissance, de la facilité ou de l’ego du tout venant qui croit savoir !
    Parents d’un ado TDA (sans le H si ce n’est dans sa tête), sous Méthyl, et récemment diagnostiqué TSA léger. Je relève juste que l’absence de ce H rend cette particularité encore plus invisible et encore plus sujette à des réflexions connes et mal élevées…
    Sur le plan éducatif, reconnaissance à l’équipe d’un collège public de notre ville qui * assure parfaitement les transmissions d’année en année, * accepte de nous rencontrer 2 à 3 fois par an (chaque prof en individuel à notre initiative et réunion de suivi), * échanger avec pragmatisme matière par matière et élaborer des stratégies d’accompagnement et * assurer parfaitement le suivi et la coordination avec la MDPH lors des ESS.
    Et je vous assure que notre démarche personnelle de rencontre depuis des années est appréciée ! Des enseignants rencontré en Off depuis des années, nous ont même remercier, prenant ces échanges comme des preuves de considération et reconnaissance quant à leur mission première à l’Education Nationale. Bref, tout n’est pas noir partout et je tenais à le souligner également.
    Force & Courage à nous Tou(te)s

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  8. OMG, ça me met tellement en colère les gens qui confondent TDAH et « mal élevé ». Jamais je mettrai mon gosse dans une école où des enseignants pensent ça (même si j’ai pas de gosses). Et ce cynisme de la part des médias, c’est effrayant.

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    1. Un TDAH c’est un gosse mal élevé, un TSA c’est un « petit prof », un dépressif c’est un type qui doit se donner des coups de pied au cul, un schizo c’est un fou, un phobique c’est une lavette… 😀
      Il y a des clichés pour tout. 😦

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  9. Bonjour,

    Je suis votre blog (et vos BD) avec attention et je viens d’avoir une pensée pour vous en lisant l’article suivant dans le Nouvel observateur:
    https://www.nouvelobs.com/chroniques/20231024.OBS79900/l-ecolier-instable-ou-comment-le-tdah-etait-deja-decrit-au-debut-du-xx-siecle.html?utm_source=pocket-newtab-fr-fr
    Je ne suis pas directement concernée et peut-être qu’il y a plein de points à critiquer ici aussi mais en lisant l’article, j’ai trouvé un écho à ce que vous disiez, une mise en lumière des points que vous regrettez ne pas voir plus en avant dans les journaux. Et j’ai souris en lisant que l’article avait été rédigé par deux psychiatres !

    Concernant vos BD, peu après avoir fait lire vos BD à mon mari, j’ai voulu lui faire lire un livre que j’ai trouvé très éclairant notamment à propos des disputes dans le couple (« le couple parfait n’existe pas » https://editions.flammarion.com/le-couple-parfait-nexiste-pas/9782080264701) et il a été très déçu que cette fois-ci, il n’y ait pas de dessins. Il n’a jamais lu les 15 pages que je lui avais conseillé de lire, contrairement à vos BD. Comme quoi votre média a de l’avenir pour la pédagogie, merci !

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  10. MERCIIIII Emma, je m’en vais de ca pas envoyer le lien de ton article (une fois de plus si complet et si humain) à beaucoup de pro de l’enfance!

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  11. MERCI. Infiniment. TDAH diagnostiquée à 32 ans ici, le diagnostique a changé ma vie mais j’ai eu 10 ans d’errance médicale avant de l’obtenir (entre le moment où je me suis dit que mon incapacité à prendre soin de mon chez moi était peut-être pas que de ma faute et le moment où je suis ENFIN tombée sur des thérapeutes qualifiés).

    Je suis tombée sur un hypnothérapeute qui m’a dit que mes soucis venaient des trois premiers jours de ma vie, sur un psychiatre qui m’a dit que je me cherchais juste une identité quand je lui ai dit que je soupçonnais un TDAH, et j’en passe des meilleures. Du coup, maintenant, thérapie pour soigner ma dépression chronique et mon trouble anxieux généralisé, en plus d’apprendre sur le tard à gérer mon TDAH, ouaiiiis.

    Plus triste encore ? Mes soucis d’attention avaient été repérés quand j’étais gamine. J’ai même vu une psy pour ça. Mais comme mes parents étaient pro-psychanalyse ben, il m’ont fait voir une psy issue de l’école Dolto. Qui leur a dit « c’est de votre faute, vous vous disputez trop et du coup elle arrive pas à se concentrer parce qu’elle a peur. » Est-ce que ça a aidé ? Non. Est-ce que ma mère culpabilise encore aujourd’hui ? Oui.
    Sans la psychanalyse j’aurais peut-être été diagnostiquée à 6 ans. Et peut-être que je n’aurais pas aussi mal vécu la totalité de ma scolarité.

    Du coup ouais, ce serait bien qu’on se débarrasse de la psychanalyse une bonne fois pour toute.
    Si vous voulez plus d’informations sur la santé mentale je vous recommande la chaine de Monsieur Za : https://www.youtube.com/@LaChaineDeZa
    Et si vous êtes toujours convaincu que la psychanalyse c’est fantastique je vous recommande la série podcast « Que vaut la psychanalyse » de Méta de Choc : https://www.youtube.com/watch?v=GEhYkjgx8Rw&t=9s

    Merci encore Emma pour ton super travail.

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