Juliette et Louis

Salut à toutes et tous !

Non, je n’étais toujours pas partie au Bahamas ! (snif) (mais on m’a dit que c’était surcoté)


Voilà une nouvelle histoire, dans la lignée de la précédente. C’est un sujet très sensible, avec beaucoup de pièges, j’ai donc pris pas mal de temps pour faire mes recherches et discuter avec les personnes concernées pour savoir où je mettais les pieds !

Un grand merci au Docteur Alexanian et à Maître Janois pour avoir pris le temps de m’apporter leur éclairage.

Merci aussi à l’association HyperSupers et à Delphine Chaumont pour la mise en contact, les conseils, et pour leur travail quotidien auprès des familles atypiques.

Comme d’hab, merci à mes relecteur·ices de choc, j’ai nommé Alex et mon Poilu 🙂

Et enfin, MERCI à Juliette et sa tribu, et à J., Linda, et N. pour leurs témoignages, leur confiance, et leur combattivité envers et contre (presque) tous !

https://www.tdah-france.fr/?lang=fr

https://www.ligue-francaise-droits-enfant.fr/

https://adikia.fr/

Un livre très bien écrit et accessible par Maître Janois https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/la-cause-des-autistes-9782228920025

23 réflexions sur “Juliette et Louis

  1. Bonjour et bravo 🎈 Un grand merci. Mes enfants sont adultes mais si j’avais lu ces infos il y a plusieurs dizaines d’années, nous(famille) aurions été plus heureux. Ma plus jeune qualifiée de caractériel s’est dopé de tous une fois adulte. L’ aînée se sent « bipolaire », ce qui n’est peut-être pas …😭

    Merci encore et je pense à toutes les jeune familles que vous aidez.

    🌺❣️

    >

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  2. Bonjour,

    Merci d’en parler! Que de souffrance pour nous parents, mais aussi pour les enfants atteints de ces troubles. Nous nous sentons trop souvent incompris, voire jugés par les autres parents, qui eux ont des enfants neurotypiques, « bien dans le moule » et surtout « bien éduqués ».

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  3. Merci, beaucoup, pour cette B.D.

    Toujours aussi terrible de voir les ravages qu’une pseudo-science comme la psychanalyse peut causer. Je recommandais déjà ta B.D. sur l’homéopathie, je crois que celle-ci va la rejoindre dans mes références à conseiller sur le domaine médical 🙂

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  4. Merci. J’ai pleuré en lisant l’article (sans doute le reste des émotions enfouies pendant les grosses crises d’hier). Ça fait peur mais c’est important. Et ce sentiment de solitude, pfiou tout est dit.

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  5. Merci Emma!
    Beaucoup de choses à dire…
    N’hésitez pas à raccourcir/ modérer mes propos. J’ai essayé de me modérer, de ne pas être trop long mais c’est dur.

    Je suis un « léger TSA » âgé qui a eu le malheur de naître bien avant que le DSM (qui est plutôt en avance en psychiatrie) nous reconnaisse (diagnostiqué correctement vers la quarantaine).
    D’un autre coté, je pense que ça a été une bonne chose pour mes parents car les « maltraitances » signalées ci-dessus auraient été ignorées par la police de l’époque.

    Il m’est arrivé d’être très chiant, de chercher la bagarre auprès de mes parents, surtout étant ado. Des fois ça bloquait dans ma tête, je ne savais pas comment m’en sortir, je pense que je cherchais le conflit pour pouvoir exprimer tout ça.
    Il est arrivé à mes parents d’être épuisés et de ne plus savoir comment réagir et de péter les plombs, et pourtant l’un d’eux était psy. Je n’ai toutefois jamais été battu et si mes parents ont pété les plombs, c’était du ponctuel, comme les parents de Louis. La douche froide ou autre, j’ai du en prendre une ou deux.
    Mais là où je ne comprends pas l’institution dans cette affaire, c’est qu’il y a une différence entre un gosse qui se prend une douche froide une fois dans sa vie alors qu’il fait une crise et un gosse qui se prend régulièrement des douches froides. Donner une douche froide c’est mal, mais seul la répétition indique de la maltraitance. Péter les plombs c’est mal mais il faut aider la famille, pas l’enfoncer.
    En même temps, comment quelqu’un de l’extérieur qui vient observer la famille ponctuellement peut-il comprendre ce qui se passe? Quand un observateur est présent, on a tendance à se comporter différemment. Je ne piquais presque jamais de crises quand des invités étaient à la maison. J’arrivais à me contenir le temps de leur visite. Les membres de ma famille qui venaient nous voir sur plusieurs jours savaient par contre comment j’étais réellement.

    « L’errance diagnostique » que vous décrivez est obligatoire en France: plus assez de médecins, plus assez de médecins compétents, plus assez de médecins compétents en secteur 1 ( remboursés au maximum par la sécu). L’ancien numerus clausus a fermé le robinet de la formation de médecins. D’où des délais d’attente inacceptables. Ou alors il faut payer cher… (680€ la consultation? Peut être une expertise?) Mais le tarif sécu des psy secteur 1 c’est autour de 40€… Remboursés à 100% si vous avez une mutuelle ou si vous êtes à la CMU.
    Donc médecine à deux vitesse.
    Je connais au moins une personne qui a quitté la France pour que son enfant soit correctement soigné. Immigration médicale…

    Accuser d’un Münchhausen (/ par procuration).
    De ce que j’ai lu, ça existe. C’est très rare. Il faut vraiment être sûr que tous les autres diagnostiques ont pu être écartés. Et il vaut mieux alors soigner que refuser de soigner, pour éviter justement que le patient ou les parents du patient partent ailleurs. D’un autre coté il faut agir vite car la santé d’un enfant est en jeu d’où probablement des dérapages.
    Je crois aussi qu’un Münchhausen d’aujourd’hui aurait des symptômes beaucoup plus réalistes. On a accès à internet, on a accès aux symptômes des maladies, il est plus facile pour un patient de décrire des symptômes correspondant à une maladie donnée.

    La psychanalyse.
    Elle peut avoir un certain intérêt. Mais dans le cas des TSA, elle ne soigne pas. J’avais d’ailleurs lu que son objectif d’ailleurs n’est pas de soigner ou de permettre de réapprendre une vie normale.
    A mon avis, elle permet d’aider à exprimer des choses qu’on se cache à soi même. Ca c’est son coté intéressant. Historiquement ça a été une découverte phénoménale. Même s’il faut faire gaffe aux dérives et à la création de faux souvenirs. Freud considérait la psychanalyse comme expérimentale, comme quelque chose amené à évoluer. On en a fait un dogme.
    Ne jetons pas la pierre qu’aux analystes: il y a des spécialistes TCC qui n’ont jamais entendu parler d’Asperger (l’ancienne appellation de certains TSA léger). Un peu comme si un généraliste vous disait qu’il n’a jamais entendu parler des trithérapies dans le cas du sida. Il y a aussi les psy qui se contentent de vous prescrire un médicament qui vous assomme bien (et vous rend incapable de mener une vie sociale).

    Justement: envoyer Louis dans un centre pour autiste gravement atteint…
    Ah, ça je connais: la solution de facilité pour la société.
    Facilité? Parce que une fois dans le centre d’autistes, Louis ne sortira probablement plus. Il peut se préparer à une vie en institution. L’institution est ravie: un « problème » en moins. Ca me rappelle ces médecins qui donnent trop facilement des neuroleptiques. Forcément, quand on est sédaté, on ne pique plus de crise. On ne fais plus ch…er personne. La lobotomie avait le même avantage.
    Je ne dis pas que l’internement ou les neuroleptiques n’ont pas d’intérêt.
    Il y a des cas où la médecine n’a pas encore trouvé de traitement moins lourds et doit se débrouiller avec ce qu’elle peut faire. Mais ça ne doit jamais être une solution de confort pour l’institution. Ca doit être une solution de dernier recours.

    En tout cas merci pour votre histoire et merci au témoignage des gens de cette histoire.

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  6. Je suis en plein dans les démarches pour me faire diagnostiquer. J’ai d’énormes problèmes d’attention et d’organisation. On soupçonne un TDAH. J’attends les résultats pour fin Août. Ça fait 10 ans que je ère d’institutions en médecins en para-médecins. Alors vraiment, merci pour ce post. J’espère que ça fera avancer les choses.

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  7. Bonjour,

    Comme pour la BD sur les TDAH, je suis sidéré… abasourdi par votre nouvelle BD. J’avais attiré votre attention sur le reportage du monde sur le traitement du TDAH en France (Publié en BD dans la revue dessinée N°29) et sur l’article de médiapart sur les dérives d’un centre validé par la HAS : https://www.mediapart.fr/journal/france/020412/autisme-un-courrier-embarrassant-pour-un-centre-toujours-cite-en-exemple
    Mais manifestement, il est plus simple de présenter une question sous un seul aspect. Comme vous utilisez des témoignages semble-t-il représentatifs de la situation voilà mon témoignage.
    Je suis psychologue clinicien, mes références théoriques sont multiples, psychanalytiques, neuroscientifiques, développementalistes, sociales, anthropologiques, etc. Mon métier m’a d’abord été enseigné à l’université et, mis à part les différences interindividuelles d’enseignants plus ou moins clairs, plus ou moins pédagogues, la formation a été d’excellente qualité. Les références et les fondations scientifiques de la psychologie clinique puisent ses données d’un siècle de publication dans des revues comme Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, bulletin de psychologie, enfance, psychiatrie de l’enfant, etc. il y a des dizaines de titres, ces revues sont des revues à comité scientifique, constitué d’universitaires, universitaires qui ont des références théoriques différentes mais un même objet d’étude, la compréhension de la psychologie humaine et de ses troubles. Je ne crois pas que l’on puisse affirmer comme vous le faites (et comme le fait l’APSU) que la psychologie psychodynamique (qui intègre la théorie psychanalytique dans ses recherches) soit sans fondement. Simplement (mais c’est loin d’être simple) les fondements théoriques et les courants de pensée qui sous-tendent la psychologie psychodynamique sont discutés, en fonction de nouveaux courants théoriques, des nouveaux champs d’investigation cliniques, de changements sociétaux majeurs, et c’est tant mieux. Une théorie scientifique qui ne pourrait pas être rediscutée, remise en question, est une idéologie. La bonne nouvelle, c’est que les recherches les plus sérieuses convergent vers des énoncés scientifiques cohérents, qui donnent à entrevoir la complexité du fonctionnement psychique humain. Par contre les catégories de TDAH et de TSA sont remis en question par des scientifiques qui n’ont rien à voir avec la psychanalyse (https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/blog/250121/laurent-mottron-webinaire-autisme-la-construction-d-une-epidemie) en dénonçant une visée marchande et consumériste et une dilution gravissime des catégories nosographiques de l’autisme. Pourquoi gravissime ? Laurent Mottron l’explique très bien, parce qu’en classant une caractéristique réversible du comportement dans la case d’un autisme léger, on en empêche une prise en charge adéquate.
    Bref… une société sans psychanalyse et sans psychanalyste existera sans-doute (c’est en bonne voie dans les grands hôpitaux psychiatriques où j’interviens), mais les critiques concernant ce que vous présentez comme une évidence (des catégories nosographiques simplistes où un seul rendez-vous et un petit questionnaire suffit souvent pour poser un diagnostic vague qui rassure mais n’explique rien) iront en s’accentuant car la médecine et la psychiatrie ne peut se contenter d’un tel schématisme.
    La réalité d’un enfant qui souffre de troubles, la réalité d’une famille qui galère avec son enfant, ne se limite pas à ces affaires et ces témoignages où forcément la justice, les psychos, les médecins se sont trompés. Dans mon quotidien de cliniciens, les équipes médico-sociales (dans les collège, dans les hôpitaux) font preuve d’une grande prudence et d’une grande patience avant de faire une IP, je n’ai jamais, jamais vu, une IP se faire dans les conditions que vous décrivez en 15 ans ! C’est-à-dire que les tableaux de violence intrafamiliale sont autrement plus graves et ne laissent aucun doute sur les besoins de protection des enfants, tout autant que les besoins de soin des parents. De même, les psychologues cliniciens ne s’attardent pas comme vous le caricaturez sur le complexe d’oedipe ou la mort de la grand-mère. Ils sont là pour écouter, accompagner, soutenir, conseiller parfois des parents en difficultés avec leur enfant, lui-même en difficulté ou pas. Nous sommes tous forcément différents et comme dans tout métier il y a des professionnels absolument nuls et chacun d’entre nous peuvent faire des erreurs, commettre des maladresses. Mais je vous assure que dans un service de réhabilitation que je fréquente, le discours des neuropsychologues sur les parents sont impitoyables ! Quand on travaille auprès des gens, quand on accompagne des patients, on doit constamment travailler sur nos contre-attitudes et tenter de les analyser. Pourquoi a-t-on l’impression que tel parent est parfait ? Pourquoi a-t-on l’impression que tel enfant est brimé ? Pourquoi ressent-on du trop ou du pas assez dans les relations ? Quel que soit notre formation, nous ne pouvons nous empêcher de ressentir et de préjuger, par contre, les psychologues cliniciens ont des outils pour comprendre pourquoi ils sont pris par ces ressentis et préjugés, ce qui nous permet de pouvoir accompagner ces familles avec bienveillance et professionnalisme. C’est ce que font d’ailleurs, les équipes pluridisciplinaires que je côtoie, les références théoriques des neurosciences, de psychologie sociale, de psychologie de développement et de psychanalyse les aident beaucoup à penser leurs suivis et à aider les patients. Et nombre des modèles que vous considérez comme sans fondements sont extraordinairement éclairant et aidant quand on est plongé dans l’accompagnement avec un enfant comme Louis. Par contre vous avez raison, il y a des listes d’attente, il y a des inégalités, il y a des errances, il y a des relations patients/soignants qui se passent mal… cela existe. C’est même parfois scandaleux. Comment expliquer que l’on prescrive du Tercian à un adulte de 22 ans qui subit une séparation amoureuse sans même s’assurer qu’il a un médecin traitant, sans même lui proposer un suivi infirmier ? (Vrai histoire d’urgence psychiatrique) Comment expliquer que les spécialistes du TDAH balancent des traitements aux enfants, sans veiller à ce que le suivi soit régulier et les effets secondaires des médicaments bien expliqués aux parents ? Comment expliquer qu’après parfois 5 ou 10 années de traitement, on ne constate aucune amélioration ? Je suis comme vous, certains exemples me révoltent, m’exaspèrent, je n’en fais pas une généralité, mais je doute. Je doute qu’une psychiatrie soi-disant archi scientifique aide qui que ce soit s’il s’agit de transformer les territoires de psychiatrie en déserts médicaux. Car la disparition des CMP de secteur, l’uniformisation des soins, la diminution du nombre d’actes de séances, auront des effets bien plus graves sur l’ensemble de la population que ceux que vous mentionnez et qui concernent à mon avis qu’une minorité de situation. Voilà mon témoignage, il est nécessairement partial, comme les témoignages que vous utilisez dans votre BD… si vous voulez des données et des observations… il serait intéressant d’aller rencontrer les équipes de soignants qui rencontrent des familles et des enfants. Les arguments d’autorité, le manspreading actuel développé par l’evidence based medecine, ne tiennent pas en présence des soignants, consciencieux, humains, formés qui s’occupent de nos enfants et adolescents en difficultés dans notre belle psychiatrie française. Savez vous que quand les psychiatres américains visitent nos services (et je ne parle pas des services liftés par les idéologies scientistes actuellement en vogue), ils nous crient de ne surtout pas détruire ces modalités de soin et d’écoute et de théorisation de la souffrance et du fonctionnement psychopathologique qu’ils nous envient ??? Mais non… laissons ces idées toutes faites, ces nouveaux paradogmes détruire cette psychiatrie. Bravo et merci. Signé. Un psychologue absolument dégoûté.

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  8. En plein dans le mille puisque le CMP vient de nous signaler après deux ans de suivi de notre enfant (suivi à notre initiative car comme Juliette nous ne nous en sortons pas avec ses crises). Aucune autre forme de diagnostic à son mal être que notre soit disant maltraitance.
    Cette BD me soulage et me torture à la fois quand je vois combien cela peut aller loin.
    Je vais lire les liens, merci pour votre travail !

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  9. Merci Emma ! Je suis secouée par ton article. Je ne savais pas qu’on en était là en 2021, quelle horreur !
    Je suis tes liens vers les associations…

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  10. Merci beaucoup de ce travail qui reflète notre vie. Je ne fais plus suivre mon enfant par peur d’avoir un signalement, partout où j’ai raconté nos problèmes, j’ai reçu des jugements. La psychanalyse est insupportable, et ça me déprime que ce soit encore enseigné.

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  11. Un grand merci pour cette reconnaissance envers nous les mères qui ne cessons de nous battre pour nos enfants et de faire face aux préjugé dont sont responsables les psyc et leur grand n’importe quoi.

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  12. A la lecture de Winhart, je voudrais préciser mon témoignage vis à vis de la psychanalyse.

    J’ai écrit qu’à mon avis elle ne marchait pas dans le cas des TSA. Mais j’ai aussi volontairement mentionné que certains psychiatres qui se revendiquent d’autres branches peuvent s’avérer peu compétents.
    J’ai connu des psychiatres analystes qui certes me posaient parfois des questions farfelues (« à quel âge avez vous été sevré? » « je me souviens plus doc, j’étais trop jeune! ») mais qui d’un autre coté avaient des capacités d’empathie formidables et étaient capables de dépasser leur discipline en me donnant des conseils, des astuces. Ca m’a rarement aidé pour mes TSA mais ça me permettait d’avoir un moment dans la semaine où je savais que je serais soutenu et aidé, où je pouvais souffler.
    C’est l’ouverture d’esprit, l’écoute du thérapeute qui ont beaucoup joué dans le fait que je me sente mieux grâce à une consultation. Même si ça ne réglait pas mes problèmes sur le fond. Mais vu la pénurie, c’est mieux que rien.

    D’accord avec Winhart, les questionnaires « types » ont leurs limites.
    Parfois on peut deviner les « bonnes » réponses. D’autres fois, on a appris des trucs qui font qu’on ne rentre plus exactement dans la case « TSA » (c’est surtout vrai pour les adultes diagnostiqués sur le tard). Par exemple je lis bien certaines émotions et j’ai appris à réagir de manière appropriées dans la plupart des situations sociales. Les questionnaires peuvent servir pour faire un pré-tri mais ne remplaceront jamais un spécialiste qui sait déceler, au delà du QCM, les souffrances du patient.

    J’ai lu aussi avec attention dans le témoignage de Winhart ce coté pluridisciplinaire.
    Nous avons découvert avec le covid les capacités (et les limites!) des consultations à distance. Serait il possible de mettre en place quelque chose comme cela? Pour qu’un patient habitant dans la Creuse (par exemple) (merveilleux département!) puisse être suivi par une équipe parisienne sans être obligé de faire le trajet à chaque consultation? Serait-il possible de mutualiser les ressources psy de tout le pays pour supprimer les déserts médicaux?
    J’ai été diagnostiqué par accident, parce que j’avais déménagé et que je me suis adressé à un centre hospitalier. Il m’a suffit de faire une batterie de test sur ordinateur et d’avoir ensuite une consultation avec un spécialiste pendant une heure pour obtenir enfin le bon diagnostique. Après des années d’errance. Ca donne à réfléchir.

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  13. Merci, Emma. Cette BD est dure, mais c’est un travail remarquable (à Winhart : Emma est honnête, elle fait parler un médecin qui dit bien qu’heureusement ces cas sont rares et que les soignants sont souvent consultés… mais que ces cas existent quand même. En retour, j’aimerais que vous nous donniez de vrais exemples de TSA et TDAH soignés par la psychanalyse – la BD de la revue dessinée n’en donne pas. Et que vous regardiez les cas diagnostiqués et soignés par ces méthodes que vous réprouvez : pour le coup, Emma a donné des exemples, et nous en connaissons tous.).

    J’ajouterais un élément sur le problème des parents qui craquent. Oui, ce n’est pas bien, oui il faut éviter non seulement les claques, mais également les cris et les paroles blessantes.
    Mais je suis maintenant convaincue que la pression que nous met la société et l’absence de diagnostic sont largement responsables de nos « pétages de plomb » : quand on nous dit que l’enfant n’a rien de particulier, c’est soit de notre faute, soit de la sienne. Quand en plus on essaye de faire bien et qu’on voit que les conseils qu’on nous donnent ne marchent pas (il faut dire que ça part dans tous les sens : « soyez fermes », « soyez bienveillants », « laissez-le faire ses expériences », « soyez plus présents »…), on en vient à se dire qu’effectivement c’est l’enfant qui ne fait pas d’effort/est méchant/est capricieux etc. Et évidemment, ensuite on culpabilise de cela. Les injonctions sociales couplées à l’absence de diagnostic et d’aide sont de la maltraitance pour nos familles.

    Depuis le diagnostic, je n’ai plus jamais levé la main sur mon fils, je ne lui ai plus jamais dit une parole blessante (j’avoue, avant j’ai craqué), et en même temps mes interdits et obligations sont plus cohérents et plus fermes puisque j’ai compris ses difficultés et je sais donc où je vais (et je sais ce que je ne peux pas – encore – lui imposer). Évidemment, je suis aidée par le traitement, mais rien que le diagnostic permet de prendre du recul.
    Certains trouveront peut-être que je vais un peu loin, mais je suis maintenant persuadée qu’en refusant de le donner, les soignants poussent les parents au « pétage de plombs », voire à la maltraitance.

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    1. Merci, je suis d’accord à 300% avec vous. Comment ne pas craquer quand on porte sur ses seules épaules le travail qui devrait être effectué par toute une société …

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      1. J’oubliais un élément (désolée Emma, vous faites remonter tellement d’émotions et de questionnements : c’est difficile de s’arrêter) : le TDAH et le TSA ont une composante héréditaire forte. Les difficultés des enfants et parents se combinent alors : imaginez deux impulsifs face à face, qui oscillent chacun entre un sentiment de nullité et d’impuissance et le besoin d’accuser l’autre pour s’en sortir et tenter de restaurer ainsi un peu d’estime de soi, sachant qu’évidemment ça ne marche pas comme ça, donc ils s’enfoncent… Oui, ce n’est pas symétrique, l’un est un enfant et l’autre un adulte, mais on ne peut pas oublier que l’adulte non-diagnostiqué et non pris en charge peut également avoir des incapacités – similaires à celles soulignées par le Dr Wahl pour les enfants dans votre BD précédente. Ce n’est pas une excuse, mais une explication qui doit permettre d’aller de l’avant et de progresser : pour cela, il faut que la société regarde avec bienveillance, pour que l’adulte arrive à accepter la prise en charge également.
        Je suis la seule non-TDAH de la famille (j’ai été consulter pour vérifier), et je peux maintenant témoigner avec un peu de recul de la difficulté supplémentaire alors induite par la difficulté de diagnostic et de prise en charge des adultes/parents TDAH (les pressions sociales faisant que même lorsque cela est techniquement possible, il y a un vrai frein psychologique, d’autant plus que beaucoup de TDAH ont une tendance à la procrastination qui ne les conduit pas naturellement à faire ce genre de démarche).
        J’ai pu changer rapidement énormément de choses dès le diagnostic posé, mais c’est plus compliqué pour mon compagnon, avec des difficultés qui se combinent à un sentiment de culpabilité à la fois d’avoir mal fait, de toujours mal faire, de ne pas y arriver et d’être la « source du problème » (je ne pense pas qu’il faille raisonner ainsi, mais je suis certaine que c’est ce qu’il se dit).
        Donc oui, il faut dire que certaines réactions ne sont pas bonnes et que le but est qu’elles n’arrivent plus, mais il faut garder à l’esprit que cela ne suffit pas : il faut un vrai accompagnement, bienveillant et non accusateur, et lorsque l’un des parents (ou les deux) sont TDAH, cela passe aussi par une prise en charge.

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  14. interessante ta bédé mais la partie sur le jugement de la psychothérapie me parait un peu trop grossière. Après avoir vu cette série de documents j’en ai parlé à des proches psychanalistes et eux mêmes ont eu l’impression que les gens interviewés disent n’importe quoi, alors qu’ils sont des professionels réputés et compétents, dont mes proches ont lu les livres et tout. Au final la chaine choisit une manière assez manipulatrice de présenter les interviews, la parole est en effet donnée à des professionels, mais en coupant beaucoup et en enlevant beaucoup de contexte, ça fait passer le tout pour des délires. c’est une science critiquable mais plus ouverte que ça, et pertinente même chez les enfants autistes. c’est quoi cette chaîne « Dragon Bleu »? ils ont pas l’air très mesurés en tout cas.

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  15. Ça valait le coup d’attendre une nouvelle BD ! Du contenu clair et fouillé, bien sourcé, bref de la qualité comme d’habitude, merci !

    J’espère vraiment qu’on va prendre le problème à bras-le-corps, parce que je suis sidéré de la confiance dont jouit la psychanalyse en France comparé à nos pays voisins. Et si ça a de telles conséquences, c’est effectivement un gros problème. J’ai pas de soucis à ce que ça puisse aider certaines personnes, mais à l’instar de l’homéopathie, ça ne peut pas traiter tout et n’importe quoi.

    Depuis que je vis en Belgique, même si c’est loin d’être parfait, je me rends compte à quel point ici les troubles du spectre autistique sont mieux pris en compte par la société, et c’est pas un hasard si beaucoup de parents Français envoient leurs enfants dans des structures en Belgique faute de prise en charge en France…

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  16. Bonjour,
    Merci pour cette nouvelle BD si édifiante …
    Cela m’a rappelé mes cours de psychologie à l’école d’infirmière. Je ne sais plus le thème du cours, mais à la fin, je me sentais très mal.. . En discutant avec mes amies, je me suis rendus compte que toutes les mamans présentes avaient les mêmes ressentis …
    L’intervenant, un psy féru de psychanalyse avait passé deux heures à nous montrer l’origine maternelle de nombreuses pathologies …
    Maman toujours coupable !

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