C’est comment qu’on survit ?

Ces dernières semaines j’ai travaillé sur une réforme dont les médias ont peu parlé, mais qui va impacter massivement les futurs chômeurs et chômeuses.
Cette BD a été construite avec l’aide d’un conseiller de Pôle Emploi et est libre de droits pour toute utilisation militante. Le pdf est dispo ici C’est comment qu’on survit

Un grand merci à mon poilu et aux camarades pour leurs relectures attentives 

Pour en savoir plus, je vous conseille l’excellent article de Dan Israel sur Mediapart. Il m’a beaucoup servi pour comprendre la réforme https://www.mediapart.fr/…/ce-que-le-gouvernement-fait-aux-…

Et si vous voulez soutenir mon travail, quelques idées ici  https://emmaclit.com/mes-parutions/

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Merci https://twitter.com/BotEmploi pour les idées 😉
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https://www.unedic.org/sites/default/files/2019-09/Note%20d%27impact%20réforme%20de%20l%27Assurance%20chômage%202019.pdf
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https://www.publicsenat.fr/article/politique/reforme-de-l-assurance-chomage-ca-va-etre-une-tuerie-denonce-laurent-berger-145761

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https://www.youtube.com/watch?v=j5EhzofRzKg

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https://www.franceinter.fr/economie/le-nouveau-financement-de-l-unedic-une-breche-dans-le-systeme-actuel-d-assurance-chomage

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https://www.sciencespo.fr/actualites/actualités/la-ritournelle-des-emplois-non-pourvus/3763
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https://www.insee.fr/fr/statistiques/2122738?sommaire=2122750

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https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/etudes-et-syntheses/document-d-etudes/article/des-demandeurs-d-emploi-qui-travaillent https://statistiques.pole-emploi.org/bmo

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https://www.facebook.com/events/363553314525714/

 

Pour aller plus loin https://www.youtube.com/watch?v=RcRrWo7-8BI
https://www.unedic.org/…/Note%20d%27impact%20r%C3…
https://www.youtube.com/watch?v=VXWkEx4AXpk

15 réflexions sur “C’est comment qu’on survit ?

  1. Dans la réalité, avec ou sans réforme, toucher le chômage est presque devenu un exploit. Sans arrêt, il faut refaire son dossier car les des-inscriptions sont nombreuses (stage, arrêt maladie, travail…). Tous les motifs sont bons pour retourner à la case départ et ne rien toucher. Sans ma famille, je serai à la rue.

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  2. Très grand merci. Je rebondis sur le passage ou tu expliques comment on est passé d’une cogestion des caisses d’allocation chômage syndicats/patronat à une reprise par l’état : il faut absolument écouter Alain Supiot qui dit des trucs super intéressants là dessus :

    https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/alain-supiot-reflechir-a-l-apres-capitalisme

    Bon oui je sais, y’a un paywall, il faut être abonné à « là-bas si j’y suis »…

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  3. Bonsoir, je te remercie pour ce super travail de synthèse et très pédagogique sur les nouvelles règles de l’assurance chômage. Pour info, j’ai vu que c’était libre de droit pour une utilisation militante. Je fais parti d’un journal http://www.le-culotté.fr dans le Lot (46). Pouvons-nous publier ton travail pour notre prochain numéro ?
    Merci encore.

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  4. Bonjour,
    merci pour la description de la réforme, très éclairante et documentée.

    Par contre, je ne suis pas d’accord avec la conclusion du type « les riches sont des salauds » qui est facile, et la solution proposée, qui semble raisonnable à première vue mais, il me semble, ne résiste pas à l’analyse, pour plusieurs raisons que je vais essayer de présenter clairement…Excusez-moi si ca n’est pas clair, promis j’ai fait un effort…!

    Pour la partie « tous des salauds » : Plusieurs choses :
    – les fonds de pension qui délocalisent le font pour payer les retraites des ouvriers américains ou d’autres pays fonctionnant par capitalisation. Ca n’excuse rien, mais ce ne sont pas des gens qui s’en mettent plein les poches, juste des gens souvent très modestes dont le système de retraite, choisi comme part de la définition de leur société, n’est pas autosuffisant. Notez que notre société dépend aussi beaucoup d’autres sociétés (chinoises, indiennes, etc) et exerce des pressions de manière similaire : la concurrence fait rage pour que nos Zara soient remplis de vêtements pas chers. Je ne juge pas, je n’essaye pas d’excuser quoi que ce soit, mais j’aime à ce que la réflexion soit faite sur une base complète.
    A coté de ca, le chiffre de 100 milliards d’euros de la fraude fiscale n’est étayé par rien : par définition d’une fraude, elle est cachée, on ne peut donc pas savoir de combien elle est. Mais il se trouve que l’estimation de 100 milliards est reconnue comme tout à fait fantasque et sans base. Il manque aussi la répartition de cette fraude : il se trouve qu’elle n’est pas l’apanage des grosses sociétés.

    Ensuite, pour la partie répartition du travail : certes, ceci permettrait d’employer plus de gens, mais à quel salaire ? 25h payées 25, ou 25h payées 35, ou un entre deux ?

    premier cas : le salaire est plus bas et le coût de la vie reste le même, on sait qu’avec un SMIC on a du mal à vivre, avec 70% du SMIC ca sera encore plus dur : la précarité sera quand même là.

    second cas : tous les produits réalisés en France coûteront plus cher : le boulanger qui embauche 3 personnes à 25h plutôt que 2 à 35 devra payer 1/3 de plus de salaire, la baguette sera donc grosso-merdo 1/3 plus cher, donc on ne peut pas acheter plus si tout ce que l’on achète est produit en France. Ceci ne marcherait que dans une économie où on exporterait nos produits à des gens qui peuvent payer le surplus sans baisser la quantité consommée, et où nous même ne consommerions que des produits dont le coût ne dépend pas de notre coût du travail. En France ce n’est pas le cas, car nous exportons très peu (trop cher), et ceci renforcerait notre dépendance aux économies qui peuvent nous fournir des produits à consommer (Chine, pays du Maghred, Bangladesh, etc). Ceci amènerait donc à une chute de l’emploi car même les produits de tous les jours, faute de cliens pouvant payer, et l’industrie serait encore moins soutenable car une telle augmentation du prix de la main d’oeuvre rendrait définitivement nos produits inexportables.

    Le problème fondamental a deux parties. La première, et vous l’avez citée, c’est le manque de quantité de travail à effectuer en France. On pourrait de plus ajouter que le peu de travail disponible ne correspond pas à la répartition de la population de chômeur (je vous recommande « la france périphérique » de Guilly, qui, contrairement à ses livres suivants, est étayé par des données très solides).
    La seconde partie, qui découle de ce que j’ai dit au dessus, c’est que le coût de la vie est trop important pour que la répartition de la faible quantité de travail entre les gens puisse être possible.

    Les deux parties mises ensemble, j’appelle ca « vivre au dessus de ses moyens », et c’est exactement ce que fait la société Francaise. On le constate très bien quand on s’intéresse aux données globales, sans s’arrêter à des cas certes symboliques des quelques grandes fortunes, mais qui restent en grande partie sans impact sur le problème global.

    Dès lors comment faire pour que l’économie soit suffisamment circulaire pour qu’un français puisse acheter français, et faire correspondre le travail disponible avec la localisation des gens (une partie non négligeable n’est pas mobiles pour plein de raisons – deux conjoints pour lesquels trouver du travail, propriétaires avec un crédit et maison invendable car pas de boulot dans le coin pour attirer d’autres personnes, etc…) ? La question n’est pas simple, et – j’espère avoir au moins suscité une interrogation – ne se résume pas pour moi à « répartissons le travail existant ».

    Quand on vit au dessus de ses moyens, il faut réduire le train de vie. A l’échelle d’une société, ceci n’a pas à impliquer les mêmes conséquences pour tout le monde. Une piste pourrait être, pour les personnes ayant la possibilité de choisir leurs besoins (j’exclue donc la réduction des besoins vitaux), de consommer moins mais mieux, avoir moins de « besoins », et faire que ces besoins annexes puissent être satisfaits par la production locale. Mais ceci ne passe pas par une loi, ou un gouvernement : c’est aux gens que cela revient, quand ils doivent faire le choix entre la PS4 ou le smartphone et le lave linge faits en Chine d’un côté, et juste le lave linge fait en France de l’autre, le tout pour le même prix. A noter que tout n’est pas rapatriable en France, donc là aussi ce n’est pas simple. Par exemple les réserves de terres rares sont en majorité en Chine, donc pour tout ce qui est électronique, cela restera difficile de faire sans.

    Voilà, j’espère sincèrement rentrer dans les clous des commentaires publiables (pas paternaliste, ni insultant, mais de faire partie des commentaires intéressants 🙂 ).

    Merci de m’avoir lu jusqu’au bout.

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    1. Salut @Anthony ! Je me permets de répondre a ce que tu as dit pour continuer la discussion.

      « Certes, ceci permettrait d’employer plus de gens, mais à quel salaire ? 25h payées 25, ou 25h payées 35, ou un entre deux ? »

      J’ai envie de te dire que si le pays tourne correctement avec la quantité de travail fourni, quel besoin de créer artificiellement du travail pour le fun ?
      Si tout tourne suffisamment pour que des personnes ne puisse pas trouver de boulot, rien n’empêche de faire 25 heures payées 35.Tu auras les mêmes ressources, simplement plus reparties entre tous au lieu d’avoir d’un cote ceux qui bossent 35 heures et qui touchent beaucoup (évidemment ça dépend du type d’emploi, je caricature), et ceux qui ne travaillent pas et ne touchent pas grand-chose. Forcement, ça nivelle, donc les plus fortunes auront moins de ressources.
      Juste un petit aparté 😛

      « Mais ceci ne passe pas par une loi, ou un gouvernement : c’est aux gens que cela revient, quand ils doivent faire le choix entre la PS4 ou le smartphone et le lave linge faits en Chine d’un côté, et juste le lave linge fait en France de l’autre, le tout pour le même prix. »

      Pour moi, on tombe dans la défense bien hypocrite de Coca-Cola & cie: on produit des millions de bouteilles en plastique qu’on donne a disposition, mais attention ! Nous ne sommes pas responsables des déchets plastiques bien évidemment, ce sont les gens qui sont sales !
      Okay, on réduit le train de vie, pas de problème. Mais si tu as un gouvernement qui bosse main dans la main avec des multinationales qui t’inondent de pubs partout depuis ta plus tendre enfance en te poussant à consommer le dernier téléphone chinois ou la dernière paire de basket fabriquée au Sri-lanka, ça va pas aller bien loin. Pousser à l’économie locale et circulaire, ça passe avant tout par des lois qui contraignent les sociétés économiques, et des comportements mis en avant par ton gouvernement. Si tu laisses tout à la sauvage sans régulation, les boites achètent au moins cher à 10.000 km produit par des gens payes 50 centimes de l’heure, et pareil pour les consommateurs.

      Je pense que cet article cherche à montrer que si tu veux que l’économie et ton pays aillent mieux, taper dans les plus pauvres et dans les aides sociales n’est pas la meilleure solution. On gagnerait beaucoup plus à forcer l’argent a circuler et éviter qu’il ne soit toujours dans les mêmes mains et qu’il ne profite qu’a un nombre restreint de personnes/entités, puisqu’apparemment ça ne se fait pas naturellement.

      Après, bien entendu, l’application de cette philosophie de redistribution est extrêmement complexe, surtout quand ceux que ça défavorise le plus ont le plus de poids politique (logique, ils ont le pus de ressources). Il faut trouver un moyen de redistribuer qui satisfasse la majorité des gens… Pas évident ! Mais c’est pas en tapant dans les aides sociales (qui bénéficient à un grand nombre) avant de taper dans les niches fiscales (qui sont légales, pas de fraude ici), que ça ira mieux pour le péquenot lambda !

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      1. Bonjour @Camille, tu fais bien de répondre pour continuer la discussion 🙂

        « J’ai envie de te dire que si le pays tourne correctement avec la quantité de travail fourni, quel besoin de créer artificiellement du travail pour le fun ? »

        En effet. Sauf que je pense que nous divergeons dès le début : de mon point de vue, le pays ne tourne pas correctement, il n’y a pas assez de circulation locale par rapport aux « besoins » existants….On dépend énormément de sociétés produisant à des coûts inférieurs à ceux de la France, et ceci est signe que le pays n’est pas économiquement viable. C’est vraiment une caractéristique de vivre au dessus de ses moyens : dépendre d’autres personnes pour nous fournir des capitaux (crédits à la consommation à l’échelle locale d’un foyer par exemple, ou dette à l’échelle d’un pays), ou dépendre de l’existence de produits vendus à des prix qui puissent permettre d’être achetés (parfois en recourant quand même au crédit à la consommation, là c’est le stade critique de la vie au dessus de ses moyens !).

        Et ceci se retrouve pour notre choix sociétal de retraites par répartition aussi : actuellement, on peut tourner les choses dans tous les sens, les faits sont là, il n’y a pas assez d’actifs : il y a de plus en plus de personnes en retraite par rapport au nombre de personnes actives, et en plus elles vivent plus longtemps. Donc la question est bien plus globale que l’existence de niches fiscales ou autres.

        Nos avons une deuxième différence fondamentale d’approche, même si j’ai bien peur que la tienne soit plus adaptée aux humains actuels mais aussi plus dangereuse et qui moi individuellement me gêne profondément… Elle me gêne car elle nécessite, dans sa forme jusqu’au-boutiste, une personne qui sauve tout le monde en décidant de manière parfaite, donc une dictature éclairée. Cette capacité de décision parfaite est malheureusement impossible dans un contexte où on ne contrôle pas l’intégralité de la production, ni l’intégralité des besoins des personnes, sauf à éliminer ces variables non maîtrisées et donc être en autarcie, y compris par la force. C’est ce qu’ont fait les dictatures communistes, de manière tout à fait logique et pragmatique vu l’objectif poursuivi. Et les entre-deux sont difficilement réalisables : où mettre la barrière ?

        Mais personnellement je n’ai aucune envie qu’on me dise ce que je peux faire, j’estime avoir accès à suffisamment d’informations et avoir une intelligence et une culture suffisantes pour décider pour moi. Et tout le monde l’a. Je préfèrerais donc que chacun recourt à son intelligence, au choix individuel de chacun de bien consommer, chacun ayant une définition qui lui est propre, car on a pas tous les mêmes centres d’intérêts ni besoins. Et avec ca, il est probable que Coca ne vendrait plus suffisamment de bouteilles pour pouvoir continuer sans changer drastiquement de modèle, et la partie Nutella de Ferrero serait en faillite (budget pour les 2 : 0€ dans mon cas, et pourtant j’en mange de la bonne pâte à tartiner au chocolat ! D’ailleurs elle n’est pas made in France, mais elle a d’autres qualités. Le protectionnisme jusqu’au-boutiste n’est pas non plus quelque chose que je défends). Si tout le monde utilisait sa cervelle correctement, la pub n’aurait pas d’impact autre que celui d’information de l’existence de choses.

        Je suis donc beaucoup plus favorable à l’implication de chacun dans une société avec un état gestionnaire des aspects régaliens et sociétaux adoptés (donc un état libéral (à ne pas confondre avec un état ultra ou néo-liberal), ce qui, pour le statut de l’état, est grosso-merdo la situation actuelle malgré tout ce qu’on peut entendre, mais malheureusement niveau individus on est loin d’un niveau d’éveil et d’implication satisfaisants….) que l’action d’un état qui englobe la société jusqu’à en faire disparaître même la notion, même dans un but initial parfaitement louable et souhaitable.

        Pour résumer, je suis pour que chacun se sorte les doigts du c**, plutôt que faire les moutons. Et ça ne passe pas par une révolution violente, libertaire, autoritaire, ni un changement radical de modèle, juste des changements individuels dans notre vie de tous les jours de citoyen ! Coût de ces changements : 0. Temps pour les mettre en place : 0, il suffit juste de réfléchir à ses choix, il n’y a pas besoin d’infrastructure, ni de casser tout ce qui existe et qu’on ne remarque même plus tellement ca nous paraît naturel, alors qu’au contraire on devrait le chérir car c’est très fragile.

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      2. Anthony, je me réponds directement car je ne vois pas le bouton sous ton message. Je pense qu’effectivement nous vivons au-dessus de nos moyens, et que la solution passe par la décroissance. J’ai de forts doutes sur le fait que changer de téléphone portable tous les ans soit strictement nécessaire ou même utile pour la plupart des gens, ou encore qu’on ait besoin de pouvoir lire des vidéos 4k (et toutes l’infrastructure qui va avec) dans son métro tous les matins.

        Maiscd qui se retrouve sur le marché est décidé par une poignée (comparativement) de gens, que ça arrange que tu achetes 3 lave-linge en 5 ans parce que ça te coûte moins cher qu’en de réparer ton ancien modèle.

        Et on achete bêtement parcequ’on nous rabâche que c’est normal depuis des décennies. On se retrouve avec des situations ahurissantes de trotinettes et autres gadgets bourrés de batteries chinoises qui pourrissent la planète et dont tout le monde se fout pas mal au final.

        Mais je vois mal ça changer sans forcer un peu la donne auprès des entreprises. On est actuellement dans une situation où quelques boîtes et fonds d’investissement ont tellement d’argent que le modèle standard des startups actuelles est se pousser n’importe quelle idée a la noix du moment qu’elle apparaisse vendeuse, afin de décrocher un investisseur rapidement et inonder le marché.

        L’idée que les entreprises se régulent intelligemment, ou tout du moins que les consommateurs puissent en affecter la production, ne fonctionne que s’il y en a suffisamment pour qu’elles se concurrencent entre elles. Le problème avec ça, c’est que ça signifie des entreprises plus petites (puisque plus nombreuses). Et donc plus fragiles et plus sensibles aux lois du marché, ce qui les rend moins stables. Et comme on aime la stabilité, on finit par se retrouver avec quelques géants qui paralysent les choses et sont insensibles a toute police directe de ses consommateurs. Pour moi, il ne faudrait pas légalement contrôler toutes la production, il faudrait simplement que, lorsque les entreprises finissent par être si grosses qu’elles assurent un service public, elles se retrouvent régulées par des règles de service public. Ou alors on limite la taille des entreprises. Sinon on se retrouve avec des acteurs publics qui impactent la vie de millions de gens, tout en ayant factuellement aucun compte a rendre si ce n’est à ses investisseurs principaux.

        Et cette situation ne changera jamais sans régulation légale, ou alors que les gens sortent dans la rue pour reprendre le pouvoir décisionnaire. Celà requiert des abus immenses, une capacité de la part de la population de se rendre compte de ces abus et de sortir sans peur de représailles. Autant dire qu’il faut y aller.

        Pour que les gens puissent agir intelligemment, il faut qu’ils y soient sensibilisés, éduqués et formés. Même si l’information est disponible quelque part, si tu as une habitude de vie qui est considérée normale, confortable, et confirmée par des médias, les pubs dans la rue et autres, tu n’as pas de raisons d’en changer particulièrement.

        Ça évolue déjà doucement et c’est cool. Mais si d’un autre côté on laisse la jungle dans les grandes sphères économiques, j’ai des doutes forts sur l’impact du changement individuel des populations.

        Merci pour la discussion civile, c’est agréable de pouvoir échanger ! 😁

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      3. Je te rejoins complètement Camille sur le besoin d’une étincelle qui nous permettra de reprendre le pouvoir décisionnaire. C’est déjà en cours dans d’autres pays et a commencé chez nous avec les Gilets Jaunes (de façon imparfaite certes, mais toutes les révolutions sont imparfaites)

        Juste, je pense qu’il faut manipuler le mot décroissance avec prudence. On trouve dans ce mouvement des positions des plus réactionnaires (anti pauvres, anti femmes , anti LGBT)
        Et personnellement je pense qu’on peut avoir un projet un peu plus nuancé que « consommer moins » sans distinction. Peut-être qu’entre le smartphone qui dure 3 ans et pas de smartphone, il y a une alternative qui est le smartphone qui dure 30 ans. Quand on sait que les premiers néons produits n’ont été commercialisés qu’une fois qu’on a trouvé le moyen de les faire tomber en panne au bout d’un moment, on se dit que des produits qui durent toute la vie, c’est pas un problème technologique mais bien politique.
        Enfin il y a des domaines dans lesquels il faut continuer de croître, pas économiquement mais humainement et technologiquement. La médecine, les prothèses de toutes sortes, les transports (en commun !), le logement …
        On peut prendre ces ressources, ce temps et cette énergie dans les domaines donc on ne voudrait sûrement plus si on avait le pouvoir décisionnel : la pub, le marketing, la finance, le luxe, les armes 🙂

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      4. Je vais supposer que ca va à la fin même si le bouton « réponse » est sous le post de Camille 🙂

        Je suis bien d’accord qu’en l’état actuel des choses, les gens sont endormis…

        Pour les aspects règlementaires sur les grands groupes, il y a des lois anti-monopole ou de maintien de la concurrence, ce sont les lois anti-trust aux USA par exemple, et bien des acteurs privés subissent des règlementations publiques (énergie à prix régulé, normes européennes…). Je ne dis pas que c’est parfait, il suffit de voir la fusion Bayer/Monsanto, mais attention à ne pas tout casser pour se retrouver avec beaucoup moins bien après, beaucoup ont essayé, beaucoup ont déchanté, la mesure est de rigueur !

        Je partage tout à fait le point de vue selon lequel il faut viser à un équilibre de consommation, typiquement le portable qui dure 10 ans (contre 1 an actuellement pour absolument avoir le dernier…3 ans c’est déjà considéré comme très long !).

        Par contre Emma, je suis contre taper sur la finance sans distinction, comme c’est souvent fait à tord : un monde sans finance, sans capacité de faire circuler de la monnaie, de faire gagner du temps ou de faire effet de levier en faisant un emprunt ou par actionnariat, c’est le monde médiéval occidental où l’usure de l’argent était interdit. Pas pour des questions éthiques d’ailleurs, mais au contraire pour des questions de maintien de domination par l’église, et pseudo-justifié par le recours à des passages bien choisis de la Bible. Le résultat n’était pas joli joli à voir.

        Il faut bien voir qu’un emprunt est une manière de gagner du temps – le temps d’amasser la somme nécessaire pour faire l’investissement si l’emprunt n’est pas possible -, voir de rendre possible une évolution par effet de levier quand l’emprunt est remboursé par les produits de l »argent emprunté. L’actionnariat est un autre outil crucial pour réaliser un effet de levier, et permet de répartir les risques. Les obligations permettent d’avoir une visibilité de ses investissements, nécessaires pour la confiance.

        Je trouve très intéressant de regarder ce qui a causé la création des outils financiers, ceci les replace dans leur contexte que je qualifierais « d’utilité maximale ». Par exemple l’actionnariat a été inventé pour permettre le transport de marchandises par bateau dans les cités-états italiennes : ceci évitait de mettre tous ses oeufs dans le même panier en découpant en plusieurs bateaux regroupant chacun les marchandises de plusieurs personnes : les marchands possédaient chacun une part du bateau, s’il coulait, les pertes étaient réparties.

        Là aussi, tout n’est pas parfait, il y a eu des abus, mais les choses sont très souvent présentées de manière extrêmement caricaturale, comme si seuls ses abus existaient, et souvent sans vision de ce que serait le monde si la finance n’existait pas. On peut citer comme exemple d’abus la crise des subprimes, où, malgré tout, il faut quand même rappeler que ce sont des personnes qui ont signé des contrats d’achat immobiliers sans savoir ce qu’il y avait dedans, et sans avoir les moyens de les mener à terme…Avec un salaire peu élevé, on n’achète pas 3 maisons à crédit !

        Eduquer, éduquer, encore éduquer…Mais il faut croire que c’est mon côté utopiste de croire en la capacité de décision de chacun…Mais oui, ca commence à bouger 🙂

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  5. Très bien comme texte mais… concrètement, les manifs du 5, elles vont vraiment faire changer les choses?
    Ou est-ce que le gouvernement va encore rouler les gens dans la farine

    1- se boucher très fort les oreilles et ignorer les protestations et faire ce qu’il a envie
    2- envoyer CRS and co en espérant que ça dérape…
    3- pour terrifier les provinciaux en leur parlant des « hordes de black bloc qui déferlent et cassent tout sur la capitale » (ce que mes grands parents de province sont convaincus, et contre ce dont je dois systématiquement les rassurer).
    4- en misant sur le fait que: transports bloqués + autres vont faire que les chercheurs d’emploi et les employés vont gueuler sur ceux qui bloquent (et pas sur le gouvernement).

    Bref, à part défiler et se faire matraquer et gazer, on peut faire quoi?

    PS:
    – Pour Pénicaud, son rapport au travail avait été très bien résumé dans un épisode du Groland:
    « Ne toucheront le chômage que les gens qui travaillent ».
    – Tant qu’on y est, être au chômage c’est pas seulement une question de fric (alloc), mais c’est aussi la souffrance de se sentir inutile, souffrance largement amplifiée par les médias et par les proches (malgré eux) qui vous abreuvent de bons conseils inefficaces.
    – Merci pour l’info comme quoi maintenant le chômage est financé par la CSG.
    Encore un piège à con: « ah, je touche 10€ de plus sur ma paie sans l’assurance chômage ». Oui, mais on vire l’aspect solidaire du truc (paradoxe pour la CSG, je sais) et tu toucheras 10€ de moins quand tu en auras le plus besoin.

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