25 réflexions sur “Le fond et la forme

  1. Magnifique, comme toujours 🙂
    Je ne connaissais pas le « tone policing », mais les exemples que tu donnes m’évoquent fortement des techniques de manipulation (infantilisation, auto-victimisation, nier ou ridiculiser les sentiments de l’autre…)

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  2. Ton article est très juste !

    Etant personnellement de nature assez calme, quand j’ai une discussion avec un mec au sujet du féminisme, il arrive qu’on me dise « oui mais avec toi c’est pas pareil, on peut discuter de manière posée et intelligente. » Cette remarque me dérangeait (et j’essayais de faire comprendre au mec que les filles qui sont plus virulentes avaient toutes les raisons de l’être), et à la lecture de ton article, je comprends mieux ce qui me gênait là-dedans. 🙂

    Je découvre ton travail et ça me plaît beaucoup, je vais aller lire tes autres posts !

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  3. Ton article est très juste !

    Etant personnellement de nature assez calme, quand j’ai une discussion avec un mec au sujet du féminisme, il arrive qu’on me dise « oui mais avec toi c’est pas pareil, on peut discuter de manière posée et intelligente. » Cette remarque me dérangeait (et j’essayais de faire comprendre au mec que les filles qui sont plus virulentes avaient toutes les raisons de l’être), et à la lecture de ton article, je comprends mieux ce qui me gênait là-dedans. 🙂

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  4. Ca fait du bien de lire ce genre d’article.
    J’ai souvent eu affaire à des remarques de ce genre, du style à ignorer tout argument défendu juste sur la base du « tu n’es pas calme, tu a sun ton un peu trop agressif », parce que c’est plus facile de répondre à ca qu’au véritable contenu.

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  5. Très clair mais je ne suis pas du tout d’accord. Pour se faire entendre et convaincre la forme du discours est plus importante que le fond. C’est triste mais malheureusement je pense que c’est la vérité. En conséquence, le mec du métro, bien qu’il soit lui même vulgaire et grossier, avait raison. Plus facile à dire qu’à faire autrement, mais aboyer était contre-productif.
    C’est difficile à avaler, mais je pense qu’aboyer, surtout si on se sent oppressé et en colère, est sans doute la voie la plus courte et la plus simple ; Mais cette voie ne mène nulle part.

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    1. Tu n’as pas compris. La question n’est pas de savoir si ça marche ou pas. Quand on en est à défendre des droits basiques face à quelqu’un qui les refuse, le convaincre est une cause perdue.
      La colère est une réaction saine et légitime.

      Mais si tu tiens à parler de ce qui marche ou pas : dire à une personne à bout de se calmer, ça ne marche pas.

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  6. felicitations pour votre travail, j’avoue que vos dessins piquent un peu mais je prends conscience de l’injustice que porte mon discours de vieux mâle blanc CSP+ bien-pensant. Merci

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  7. Certains appellent également cela du mansplaining. Culturellement, c’est la manière patriarcale qu’ont les hommes pour s’adresser aux femmes. Il s’agit de leur expliquer se qu’elles doivent faire, comment et pourquoi. Surtout sur des sujets qui les concernent de fait.

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    1. Je pense que le mansplaining est un peu différent, il s’agit d’expliquer à une femme un sujet sur lequel elle est compétente. Le tone policing consiste à reprocher à une femme son « agressivité » alors même que souvent l’interlocuteur est lui-même très agressif. Mais les deux concepts relèvent du même mécanisme (les hommes se sentent plus légitimes quelles que soient leur attitude et le sujet traité)

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  8. Je découvre seulement aujourd’hui vos planches, et cela fait plusieurs heures que je suis dessus. J’aime beaucoup, surtout la liberté de ton et les sujets abordés: à la fois intimes et quotidiens, mais jamais traités, ou du moins sous cet angle.
    J’avais envie de réagir sur ce sujet car je me sens partagée: oui, il peut y avoir une énorme mauvaise foi à reprocher à une femme le ton sur lequel elle s’exprime alors qu’elle a mille fois raison sur le fond, et autant de raisons d’être à bout. Et en général, celui qui use de cet argument du « ton » le fait en connaissance de cause, sachant que demander à la personne de se calmer va avoir l’effet inverse, ce qui lui donnera en apparence encore plus raison, et lui permettra d’attirer l’attention sur autre chose que le véritable objet du différend. Toutefois je sais par expérience qu’on fait également des « miracles » si on reste calme, ne serait-ce que parce qu’on ne donne pas cet argument à l’autre, et l’oblige à considérer le fond.
    Sauf qu’on fait ce qu’on peut, et que ce n’est pas toujours possible, je l’ai très souvent expérimenté à mes dépends dans les périodes les plus noires de mon existence! Et j’ai enragé alors de mon impuissance à me faire entendre.
    Pour ma part, garder mon calme quoiqu’il arrive reste un objectif important, non pour l’autre, mais pour moi-même, tout en me pardonnant à l’avance de ne pas toujours y arriver!
    Merci en tout cas pour avoir soulevé ce sujet sensible, ainsi que tous les autres, et de façon si agréable (je pense à vos dessins, à la simplicité et à l’évidence de leur style).

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  9. Si on revient sur l’anecdote du début, est-ce qu’il y a une tolérance sur la règle de s’asseoir ou pas quand il y a du monde ?
    Moi à une époque je ne savais jamais si je devais me lever ou pas, car des fois je me levais mais les autres restaient assis du coup c’est moi qui me sacrifiait pour les autres et je n’en voyais pas l’intérêt (c’est toujours le cas).

    Du coup depuis un certains temps je ne me lève plus. Si on me le demande je ne dit rien et je prend mon temps pour me lever (quand même) pour bien montrer que je suis pas sur terre pour les autres.

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  10. Ne serait-il pas plus pertinent, dans le cadre d’un combat que l’on juge utile, de justement éviter ce genre de débats sur le ton quand précisément on reproche au camp adverse d’aborder le sujet ?
    De plus, les émotions sont sacrément subjectives, que faire dans le cas où un(e) féministe se retrouve à échanger des hurlements avec un(e) anti-féministe qui se sent tout autant mis(e) sous pression voire carrément opprimé(e) ?
    Il faudrait éviter d’exiger des autres qu’ils se plient à des règles que l’on n’est pas prêt à respecter soi même.
    Le féminisme pêche de nos jours en partie parce qu’il se cantonne à des stratégies qui tendent à nier la subjectivité (et en quelque sorte l’humanité, si on pousse le raisonnement) d’une majorité au bénéfice de celle d’une minorité alors qu’il serait possible que tous les interlocuteurs mettent leur part d’irrationalité de côté pour avoir des débats constructifs. C’est peut-être dommage ?

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  11. Je suis moyennement ok avec cette planche. Beaucoup de gens ont trop de facilité à être toujours agressif… et dans n’importe quel débat, si tout le monde est agressif, ça mène à rien.

    Tu ne le sais peut être pas mais ce type dans le métro a peut être une pression énorme: il a perdu son boulot, il a du mal à joindre les 2 bouts, il vient de faire 15h d’un métier ultra stressant (comme infirmier dans un hopital…). On a tous nos problèmes… même si le tien était visible sur le moment.
    Bref, les insultes, comme l’agressivité, et même si c’est fait avec des raisons derrière, ne mènent à rien.

    Tout le monde a d’ailleurs ses raisons… et si on commence à justifier l’agressivité parce qu’il y a des raisons, on est pas sortis de l’auberge (on peut le comprendre certes, pas le justifier). Je peux comprendre qu’une mamie agressé par un homme de couleur noir puisse tenir des propos racistes… mais je ne peux le justifier.

    Ta planche de bd est une planche (sans mauvais jeu de mot) savonneuse à tous les écarts: si on justifie l’agressivité, on peut justifier la violence… ben oui, y a une raison valable à être violent donc on peut l’être.
    ==> les femmes sont violées tous les jours donc dans les débats, elles ont droit d’être violentes et agressives car ce sont des victimes.

    NON.
    C’est une logique perverse et tordue de penser ça. Rien ne légitime la violence ou l’agressivité. Tu ne fais qu’entrevrouvir une porte qui, même si toi tu es une personne sensée, ne franchira pas la limite, d’autres le feront pour toi.

    Si on commence à justifier l’agressivité, on rentre dans un monde anxyogène. D’ailleurs si lui t’avait répondu de manière agressive, tu crois pas que ca aurait pu dégénérer (pas forcément avec toi mais en règle générale, quand deux personnes hausse le ton en même temps… il arrive quoi?).
    Donc malgré ses propres problèmes, il faut savoir rester calme et respecter la personne en face même si elle a pas les mêmes opinions.

    Comme le disait Asimov: La violence est le dernier refuge de l’incompétence

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  12. Je découvre votre travail et c’est vraiment tres bien vu. A l’inverse de pas mal de mes potes « feminist-friendly », ce qui m’étonne c’est surtout votre calme (quand je dis votre c’est un « vous » général à savoir les populations oprimées, puisqu’il se trouve que je suis un male blanc). C’est peut être mon éducation d’enfant de vieux anarchistes qui parle, mais je doute que dans vos situations je garderais le même « zen ». Parce que globalement je suis quotidiennement témoin de situations qui me donneraient envie de tout cramer (ce qui n’arrangerait rien on est bien d’accord) plutot que de discuter poliment ou en tout cas de s’enerver en mode « normal » et pas en mode « berserk ». Bref je n’ai qu’admiration car je serai bien incapable d’une telle maitrise de soi.

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  13. Merci beaucoup pour cette explication, je dois admettre qu’en tant que mâle-blanc-cis ça me pousse à remettre pas mal de mes fonctionnements en question.
    J’ai moi même pu questionner l’énervement de féministes face à certaines situations parce qu’il me paraissait complètement dépassé.
    Et à force de les voir ne pas lâcher le morceau je me suis mis à penser que cette colère était peut être justifiée après tout.

    Au final c’est cette BD qui m’a convaincu, je comprends qu’une reaction agressive/violente (même si on considère que c’est contre productif, la question n’est pas là) est on ne peut plus compréhensible, légitime et justifiée.
    Du coup, merci beaucoup !

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