120 réflexions sur “Les vacances

    1. Bonjour,
      Le fait qu’avoir un enfant soit un choix ou non ne change pas grand-chose au problème. Quand Emma dit « imposez à un être humain […] », je l’ai compris comme « si n’importe quel être humain endurait cela une fois dans sa vie […] alors il le vivrait comme une torture. » Elle n’a jamais voulu dire – je pense – qu’enfanter était un ordre. Mais que c’était une épreuve qui pouvait être douloureuse, mal prise en charge, mal encadrée et très éprouvante dans un trop grand pourcentage de cas dans ce pays.
      Qui plus est…Je ne vois pas vraiment l’utilité de ne souligner que ce morceau de phrase dans toute la BD. Parce que vu comme ça, on pourrait comprendre votre commentaire comme un « puisque ça n’est pas imposé et que c’est un choix, alors la souffrance, le manque de préoccupation autour de ce sujet et les équipements mal adaptés sont justifiés. » En d’autres termes : « puisque vous savez que ce genre de scénario peut se produire, n’ayez pas d’enfant. Sinon, vous n’avez pas le droit de vous plaindre : c’était votre choix, après tout. »
      Comprenez bien que je ne cherche pas à vous faire dire ces phrases…Mais je vous précise que votre message peut être compris comme tel. Pour moi : choix ou pas choix n’ont pas voix au chapitre ici. Ces conditions de prise en charge de l’accouchement ne sont pas acceptables. Pourquoi ? Parce qu’avoir un enfant ne devrait jamais être un moment aussi épuisant pour la mère et aussi négligé par les institutions. C’est simple. Et faire intervenir le choix impliquerait d’intérioriser cette souffrance comme « normale » parce que liée au choix.
      Toutes mes excuses pour le pavé…

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    2. Bonjour,

      Je viens offrir un peu d’espoir à la suite de cette BD témoignage qui, en effet est alarmante.

      J’ai accouchée de mon premier bébé il y a maintenant 15mois et… C’était parfait. Bon certes toujours tous ces trucs de l’accouchement, douleurs trucs et bidules… Mais l’hôpital a été parfait. Je m’explique.

      Le projet de naissance avait été fait 1 mois avant et tout le monde à suivit les instructions comme si c’était tout naturel, et pourtant tout n’était pas évident. Tout le monde a suivit mon rythme et mes désirs et ont pris soin du papa avec autant de prévenance. Après quoi, pendant mon séjour qui a duré 5 journées complètes parce que je ne me sentais pas de rentrer tout de suite (oui… juste parce que je n’étais pas prête à rentrer dans ma tête je pouvais rester). Le papa a dormi dans la chambre toutes les nuits sur son lit (+8€/nuit petit dej inclu…) et si besoin les sages femmes proposaient de le prendre la nuit pour nous soulager TOUS LES DEUX. On a eu deux séances de bain, un pour moi et un pour le papa, pour que tous les deux on apprenne à le faire chacun son tour.

      Je suis sortie de là sereine… Et ce n’est pas finit… A mon retour à la maison, je n’étais pas seule, la sage-femme est passée dès le lendemain de ma sortie et à transmis le dossier à la PMI qui venait deux fois par semaines ou dès que j’en avais besoin à mon domicile (hors soir et week end quand même faut pas non plus abuser de leur gentillesse).

      J’ai accouché à l’hôpital de Castres, ce n’est pas une grande ville, mais les conditions sont totalement différentes avec ce qui semble se passer ailleurs… Tout s’est passé paisiblement malgré le fait que mon fils ne savait pas téter à la naissance et a eu des coliques à effrayer le médecin.

      PS : D’ailleurs c’est la PMI qui a trouvé la place en crèche pour mon fils puisqu’il avait besoin de sociabiliser alors que j’étais partie pour le garder moi même les premiers temps.

      Voila, j’espère que mon témoignage aura pu au moins vous donner un peu d’espoir en la capacité des choses à changer, et la possibilité de mieux vivre pour tout le monde.

      Bisous et bon courage, j’adore toujours autant vos BD.

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      1. Bonjour Lia, je comprends que ça te fasse plaisir de raconter ton expérience. Nous savons toutes que d’autres femmes ont eu plus de chance que nous. Cela ne change rien au fait que nous existons, que notre souffrance et notre expérience sont réelles, et qu’il y a une lutte à mener.
        Personnellement je n’ai pas subi d’épisiotomie, je ne vais pas sur les forums de celles qui en ont eu pour leur dire que moi, ça va 😉

        Ton récit ne me donne pas d’espoir, il me fait juste rager de plus belle car beaucoup n’ont pas eu cette chance et je continuerai de me battre pour que plus personne ne vive ça et que les mères soient toutenues tout le temps, partout. Avec la politique menée actuellement dans les hôpitaux, c’est tout l’inverse qui va se passer malheureusement.

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  1. Bonjour,
    Dans l’entreprise où je travaille, l’environnement est majoritairement masculin (85% d’hommes).
    De ce fait le CE organise pour la journée des droits des femmes un repas pour les femmes
    à base de petits fours et de fontaine à chocolat, parfois de chèques cadeaux ou encore de fleurs. 😐
    Les hommes ne sont pas conviés…visiblement féministe est un genre et les droits des femmes
    ne les concernent pas. Oui, oui je travaille bien en France.

    En tout cas, ça aura eu le mérite de porter à discussion dans mon équipe et d’aborder la place des femmes dans l’industrie, les positions des femmes au place de pouvoir, le congé paternité etc.
    Quelle ne fut pas ma surprise quand une femme m’explique qu’avoir un enfant nécessite du repos et crée un lien inévitable et physiologique avec son enfant pour une mère.
    Le congé maternité aurait donc une valeur plus importante pour une femme.

    Je lui demande alors si elle a réussi à se reposer correctement pendant ses 3 congés alors que son enfant pleurait la nuit et qu’elle s’en occupait pendant que son mari dormait.
    Elle dormait ensuite la journée. Elle et un collègue m’explique alors qu’il a été prouvé scientifiquement
    qu’une femme était programmée biologiquement pour être plus sensible aux pleurs d’un enfant
    qu’un homme qui ne les entend du coup pas forcément :
    https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/biologie-bebes-instinct-maternel-existerait-bien-45964/

    J’avoue qu’à cet argument je suis restée un peu koi. Est-ce que des arguments scientifiques et biologiques sont souvent avancés pour décrédibiliser un discours féministe et que faire dans ce cas….?

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    1. Je sais bien qu’une anecdote personnelle ne fait pas une étude, mais ma mère ne s’est jamais réveillée la nuit pour aucun de ses deux enfants, alors même qu’elle allaitait. C’est mon père qui se réveillait, allait nous chercher et réveillait ma mère.
      Je suis enceinte de 8 mois, mes parents ont déjà raconté cette histoire au moins vingt fois à mon mari pour le prévenir !!
      Selon moi, ce genre d’étude n’inclue pas les spécificités de chaque situation, de chaque couple et de chaque bébé, qui par définition sont uniques.

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  2. Merci pour ce témoignage. J’ai tellement ri en lisant cette bd si juste et bien décrite. ça fait un bien fou de voir que quelqu’un d’autre pense que cette histoire d’hormones et de DPP est une vaste blague… et que oui, le manque de sommeil est un instrument de torture.

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    1. En fait la DPP est une réalité médicale, je pense par contre qu’elle peut être aggravée par le manque de sommeil et de soutien, et que de plus on a tendance à attribuer ce syndrome à la va vite à toute femme qui souffre après avoir accouché.
      Si je devais refaire cette BD aujourd’hui je serais sûrement plus nuancée pour ne pas donner l’impression de nier l’existence de la DPP 🙂

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  3. Bonjour Emma,

    Merci c’est tout à fait ça ! Après ya toujours des variantes… moi j’ai eu un premier bébé marmotte (en même temps c’est mon cas aussi) qui pouvait dormir spontanément 4h, mais à la maternité on me disait de la réveiller 🤨🤔 pour la faire manger toutes les 3h… 😣😥
    Et là c’était torture par déprivation de sommeil pour toutes les 2 !

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  4. Et sinon concernant la rémunération du congé parental, merci pour les infos sur les autres pays européens, la France est vraiment à la ramasse…
    Après c’est pas tout à fait « non rémunéré », la CAF file royalement un forfait de 397 euros/mois 😁 Mais de voir qu’en fonction des pays, ça va jusqu’à 80 % du SALAIRE, pendant plus d’un an, j’en suis toujours pas revenue !
    En plus c’est nettement plus incitatif pour l’un ou l’autre parent, c’est pas forcément « celui qui gagne le moins » qui va prendre tout le congé.
    Vraiment merci de faire des BDs aussi bien documentées tout en restant sympa à lire.

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  5. Hello, je suis tombée sur ce dessin après avoir écouté le podcast La Poudre… Etant devenue moi même maman il y a 5 mois je ne peux qu’approuver. Je me suis toujours dit qu’on « cherchait » le baby blues en France, et je suis ravie de voir que je ne suis pas la seule à le penser. Je craignais beaucoup cette période enceinte, et ce que j’ai vécu était à l’antipode de ce que vivent beaucoup de femmes, probablement, pour ma part, grâce au contexte COVID.
    Tout d’abord j’ai accouché dans un hôpital qui prévoit, depuis peu, des lits pour l’autre parent (j’étais cependant une des seules femmes accompagnée!). Mon compagnon est donc resté les 3 jours avec moi, on a découvert notre bébé à deux, découvert les soins ensemble. Ce qui pourrait être un calvaire était donc magique. On se levait à deux, on s’épaulait (il changeait notre bébé puis je l’allaitais, il allait chercher la sage femme pour m’aider à me positionner si j’en avais besoin etc.).
    J’étais donc dans une bulle de douceur qui a, j’en suis sure, largement contribué à créer un cadre propice au lien d’attachement. Une semaine plus tard nous étions confinés et mon compagnon a perdu son travail. Ce qui s’est apparenté à une grosse claque au départ a été finalement très bénéfique. Ma fille et lui ont pu créé un lien fort. J’ai pu récupérer de mon accouchement en restant allongée le plus possible, comme cela est préconisé dans beaucoup d’autres cultures. Pour sortir, il savait autant que moi ce qu’il fallait mettre dans le sac, comment il fallait habiller bébé, comment la porter.. Il prenait autant (voire plus) d’initiatives que moi. On a formé une vraie équipe.

    Bref, je ne peux pas généraliser mais quand même : être à deux pendant la maternité et pendant les 2 ou 3 mois suivant la naissance de l’enfant, cela crée, quand même, à mon sens, de belles bases pour la parentalité. Un lien plus fort entre l’enfant et ses parents. Une confiance dans les capacités de chacun.e à s’occuper de son enfant. Il n’y a pas celle qui a accouché qui « sait » et l’autre qui observe… Et ces fameux pleurs de l’enfant, on était en capacité d’y répondre avec calme parce qu’on était toujours dans notre zone de confort. On pouvait souffler entre deux phases. Et oui cela reste dur mais suffisamment sain pour toucher du doigt la dimension un peu magique de ces premiers instants quand on a la possibilité d’y prêter attention…

    On a beaucoup de chemin à faire, mais j’avais envie de témoigner, car on a souvent des témoignages de femmes qui souffrent et qui aimeraient qu’il en soit autrement, et quand on vit quelque chose dans un modèle qui nous semble sain il me semble important de montrer que c’est possible et qu’effectivement, ça change beaucoup de choses !

    Merci pour tous ces merveilleux dessins qui donnent toujours du grain à moudre !

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  6. Bonjour Emma,

    J’ai lu ta BD qui traite de sujets d’actualité, ainsi que de sujets de société complexes. Je suis pour ma part Doula, et je te rejoins à 100% quant au fait que l’accompagnement des naissances en France, ainsi que l’accompagnement des parents les premiers jours à la maternité, n’est pas adapté aux besoins réels du bébé ni des parents.

    Il est clair que la question du salaire pose énormément question quant à l’isolement que le parent qui reste plus longtemps à s’occuper du bébé à la maison, rencontre inévitablement. La garde partagée semblerait effectivement être une solution pour les couples, même si la maman allaite (tire-lait possible pour continuer d’allaiter son bébé malgré une reprise d’activité). Même si pour l’allaitement, cela impliquerait d’envisager de complémenter bébé au lait maternel et de se faire suivre par une conseillère en allaitement, pour connaître les essentiels (la leache league, référence bénévole et gratuite en France), pour les personnes n’ayant pas de Doula ou Sage-femme qui les accompagnerait sur ce domaine.

    Il y a tant à dire sur ce sujet. Je me permets également de rebondir sur une association que tu fais, qui me semble tout de même dangereuse, étant du métier et ayant étudié très particulièrement autour du Post-partum.

    Tu dis que la dépression Post-partum telle qu’elle est définie en France, est liée aux hormones. C’est un raccourci. En effet, on parle du baby blues qui survient entre le 2ème et le 4ème jour chez TOUTES les femmes lorsqu’elles ont accouché. C’est à ce moment qu’il y a une chute hormonale importante, mais aussi une montée hormonale (prolactine, hormone responsable de la production de lait). Lors de cette période, la femme peut ressentir de fortes perturbations psychiques et émotionnelles. Cependant, c’est PASSAGER.

    Ce que tu as vécu en revanche, c’est ce que j’appelle un épuisement psychique, ajouté à une charge mentale très forte. On parle de dépression Post-partum bien souvent en lien avec la charge mentale (fatigue physique et psychique), mais aussi souvent liée à l’isolement. Le manque de sommeil est un facteur aggravant, destructeur s’il n’est pas prit en charge.
    A savoir que les Doulas sommes aussi là pour soutenir le couple dans cette période sensible qu’est le Post-partum. Pour ma part, je travaille jusqu’à 1 an après la naissance avec les couples dans le but de prévenir une dépression, ainsi que pour accompagner le couple dans son passage sensible de 2 à 3 (ou dans la continuité s’il y a d’autres enfants). Et pourtant, il arrive que cette dépression post-partum survienne bien après la première année de vie du bébé. Cela n’a donc rien à voir avec la fameuse chute hormonale qui est passagère, qu’on appelle le « baby blues ».
    (je te propose un lien qui parle de ce sujet avec clarté: https://www.youtube.com/watch?v=gZkhQar0kf0 ).

    Ce que je lis entre les lignes, c’est que tu t’es retrouvée seule, démunie, épuisée. Je comprends aussi qu’à la maternité, le personnel a agit de manière très procédurière sans prendre en compte l’humain qu’ils avaient en face, leurs besoins, et les réalités du moment! Quand j’ai lu la partie qui concernait le bain, ça été très révélateur pour moi d’une problématique centrale dans le rôle que jouent certaines maternités. Je suis curieuse d’ailleurs, quelle était ta maternité? Le premier bain est un moment très précieux pour le bébé et une occasion de plonger dans le lien d’attachement parents/enfant. Or ici, tu as dû vivre ce moment de manière mécanique, et non disposée émotionnellement.
    C’est révoltant pour moi qui me spécialise dans l’accompagnement et le respect du rythme des parents et du bébé, de voir ce genre de cas de figure être banalisé, même plus que cela, être une procédure classique dans les gros hôpitaux. D’ailleurs, comme tu le soulignes si bien, le manque de personnel est un facteur non-négligeable de déshumanisation. Je connais plusieurs sages-femmes en exercice qui ont à cœur de délivrer un accompagnement de qualité, mais qui se trouvent forcées par leurs supérieurs de suivre une procédure qui n’est pas la leur. (Les assurances et la pression financière ont un rôle très important dans cette question là).

    Pour ma part, j’ai choisi de faire ce métier pour des couples qui ont traversé une expérience similaire à la vôtre, afin d’éviter que des drames ne se produisent. J’ai fait le choix d’accompagner en tant que Doula, pour apporter une réponse aux jeunes parents qui se retrouvent très souvent démunis à la sortie de la maternité; encore parfois plus affectés par celle-ci que s’ils avaient pu rester chez eux seuls dans leur nid.

    Je te remercie d’avoir eu le courage de traiter un sujet comme celui-ci avec ton expérience sous forme de BD. C’était très prenant à lire et très raisonnant pour moi.

    Bien à toi,
    Doulaura

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